Editorial
Dans le cadre de la journée nationale de manifestations pour la défense
des Sans-Papiers, appelée par RESF, UCIJ (Unis Contre
une Immigration Jetable) et les collectifs de SP, une après-midi de solidarité
est prévue à Besançon, samedi 5 avril à partir de 15 h, place du huit
septembre, avec signature de pétitions contre des expulsions, refus de
régularisation, … et toutes vos idées pour rendre visible la cause des
invisibles…
Contre la chasse aux sans-papiers
LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION
Sans-papiers
Ce terme
désigne les personnes qui n’ont administrativement pas le droit de séjourner
sur le territoire français. Ce défaut de papiers les prive d’un accès légal au
logement, et rend l’accès aux services sociaux et de santé particulièrement
difficile, voire impossible.
Il les prive
également d’un accès à un travail assorti des protections légales pas encore
démantelées par l’alliance MEDEF-gouvernement. Les
sans-papiers, hommes et femmes gardent cependant le « droit » de travailler
dans des conditions de précarité et d’exploitation bien supérieures à celles
des travailleurs et travailleuses légalement exploité-e-s,
et pour un salaire bien inférieur.
Chaque jour,
avec la chasse aux sans-papiers, ils et elles vivent dans la peur du contrôle
policier qui conduit très souvent à l’enfermement en camp de rétention et
souvent à l’expulsion, à la séparation des familles.
Malgré la
répression et une précarité quotidienne, partout des sans-papiers, hommes et
femmes, s’organisent et luttent pour avoir le droit de vivre normalement
(collectifs, grèves sur les lieux de travail, mouvement dans les écoles, grèves
de la faim dans les centres de rétention, etc.).
Les politiques
de gauche comme de droite se sont largement réappropriés les discours racistes
brandis par Le Pen et les ont mis en pratique. Des
charters de Jospin au karcher de Sarkozy, nos
gouvernants ont toujours présenté les immigré-e-s,
qu’ils-elles soient sans-papiers ou non, comme des délinquants, comme la cause
du chômage et comme les responsables des désordres.
L’identité
nationale, construction politique dans laquelle nous refusons de nous
identifier, a désormais son ministère et est présentée comme menacée par la «
déferlante » des « flux migratoires » qui chaque jour rendraient
Pourtant, ce
qui conduit des milliers de personnes à quitter leur pays, leurs familles,
leurs ami-e-s pour devenir sans-papiers, c’est
souvent la misère, les inégalités sociales, les persécutions et les conflits
armés générés par les classes dominantes du Nord et du Sud.
Malgré les
objectifs chiffrés d’expulsions, le nombre de personnes sans-papiers restera
élevé. On ne tue pas comme cela la poule aux œufs d’or ! En effet, le patronat
utilise des sans-papiers, hommes et femmes payés au rabais et sans aucune
protection. La décision de priver des personnes de papiers comme le maintien
d’un taux minimal de chômage permettent de garder une pression sur l’ensemble
des travailleur-euse-s et de garantir les profits de
secteurs entiers de l’économie.
De plus, les
différences de statuts, associées à un discours xénophobe divisent les travailleur-euse-s entre eux, pour les empêcher de se
battre ensemble contre leurs exploiteurs. Les sans-papiers, hommes et femmes,
existent parce qu’ils et elles ont une utilité économique pour le capitalisme.
Si nous
luttons aux côtés des sans-papiers, hommes et femmes, pour leur régularisation,
ce n’est pas par charité. C’est parce qu’avec ou sans papiers, nous subissons
tous et toutes la même exploitation. C’est parce que nous considérons que
chacun et chacune doit avoir le droit de circuler librement comme bon lui
plaît. C’est parce que, dans notre conception du monde, les frontières n’ont
pas lieu d’être. C’est parce que nous voulons détruire l’Etat qui nous
considérera toujours comme des numéros. C’est parce que nous voulons changer ce
monde qui méprise la vie humaine.
LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION
REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS, HOMMES ET FEMMES
ARRET IMMEDIAT DES EXPULSIONS ET RETOUR DES EXPULSE-ES
EGALITE DES DROITS
ABROGATION DE TOUTES LES LOIS SPECIALES POUR ETRANGER-ERE-S
LIBERTATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS, HOMMES ET FEMMES ET FERMETURE
DES CENTRES DE RETENTION ET DES « ZONES D’ATTENTE »
SOLIDARITE INTERNATIONALE AVEC ET ENTRE TOUS LES SANS-PAPIERS,
HOMMES ET FEMMES