Editorial
Quelques nouveaux rendez-vous à la librairie lautodidacte.org :
Samedi 24 novembre, dès 18 h, rencontre autour du roman noir et social
avec Thierry Périssé, auteur et également créateur
d’une petite maison d’édition, les éditions Chant d’orties.
Le vendredi 23 novembre, à 20 h 30, nous recevons un militant du groupe
Anarchistes contre le mur, organisation regroupant israéliens et palestiniens
et qui lutte principalement contre le mur de la honte et ses conséquences.
La librairie lautodidacte.org est également un lieu de rencontre et de
débat à chaque ouverture, ne l’oubliez pas.
GREVE GENERALE – BLOQUONS TOUT !
Par souci
d’équité, le président de tous les Français a décidé de mettre fin aux
privilèges, à commencer par les régimes spéciaux de retraite. Ça, c’est la
version de la télé, pour les enfants. On sait très bien que l’étape suivante
est annoncée : tous devront cotiser 41 ans (puis 42, puis plus encore) pour
espérer une retraite digne de ce nom.
On a du mal à
ne pas y voir le slogan (sommet de populisme) : « travailler plus pour gagner
plus ». C’est une absurdité ; on sait qu’on ne travaillera pas plus longtemps :
57 % des salariés ne sont déjà plus en activité quand ils atteignent l’âge de
la retraite (quand bien même ils le seraient, ce serait au détriment des jeunes
qui arrivent sur le marché du travail).
Le seul
impact de ces réformes est de diminuer considérablement la pension des
retraités. On a du mal à accepter ce sacrifice économique quand on voit les
patrons qui se goinfrent ostensiblement de stock-options et de parachutes dorés
et les avantages fiscaux exorbitants (mesure la plus urgente de notre petit
président).
Il suffirait
d’un dixième du montant des exonérations de charges patronales pour ramener
tous les salariés du privé et du public à 37,5 annuités.
Ensuite,
c’est au tour des universités d’être malmenées par la loi Pécresse,
retouchée par le cancre de l’Élysée et son escadron de conseillers, et dans
laquelle on parle de la liberté et de l’autonomie des universités. Liberté et
autonomie : l’utopie rêvée par les anarchistes trouve enfin son « topos » grâce
à cette loi. Si on résume le programme induit par
On arrivera,
à terme, à un formatage sur mesure des étudiants pour les sponsors. C’est ça la
liberté ? C’est ça l’autonomie ?
Plus c’est
gros, plus ça passe. Et les autres motifs de révolte sont nombreux : les rafles
d’enfants sans papiers, le fichage ADN, la franchise médicale, le sacrifice du
service public, la réforme de la carte judiciaire… même les flics commencent à
se plaindre des heures sups pas payées comme attendu
!
La grève du
18 octobre fut une belle et grosse vague. De leur côté, les étudiants et
personnels des universités ne sont pas dupes non plus : la grève des
universités commence à prendre de l’ampleur.
Les médias
nous resservent le couplet des « zusagers-pris-en-otage
». D’abord, que l’usager qui conteste le droit de grève commence par avoir
l’honnêteté de ne pas profiter des « privilèges » qui ont été obtenus par la
grève : qu’il bosse ses 70 heures par semaine et sans congés payés et pour un
salaire de misère, comme au xixe siècle.
Ensuite, la
grève est la seule arme sociale qui permette aux salariés de se faire
respecter. Encore faut-il l’utiliser massivement.
Bien que
cette arme ne soit pas gratuite, des millions de
travailleurs sont prêts à descendre dans la rue ; lucides, ils savent que la
défaite des uns serait la défaite de tous. Les dirigeants des grandes centrales
syndicales jouent encore sur le calendrier et tentent une « ultime négociation
». Est-ce qu’on va les laisser faire ou est-ce qu’on va prendre conscience que
si on descend tous dans la rue ils seront bien obligés de suivre ?
Ensemble, il nous faut faire sauter l’étau de cette domination politique et économique toujours plus écrasante.