Editorial

 

SOURIEZ ! EN 2007, VOUS SEREZ ENCORE PLUS FILMES ! Bonne année ! Tous nos vœux de fichage, de surveillance, de contrôle social avec ce tout nouveau système de vidéosurveillance dans nos bus. Merci à Ginko pour ce petit coup de fouet qui nous rappelle que, face au développement des inégalités et de la misère, nos gouvernants nous proposent toujours la même chose : plus de flics, plus de surveillance. Pensez-y avant de voter ! C’est en luttant que l’on bloque le recul social (dont la surveillance et le contrôle social croissant de la société font partie). Voter, c’est l’accentuer !

 

 

ORGANISATION POPULAIRE

CONTRE DIRECTION ETATIQUE

 

Le mois dernier, nous avions vu ce que valait vraiment la démocratie représentative (le tout, en rapport avec les prochaines élections présidentielles de 2007) et nous en avions tiré l'importante conclusion que voici : IL N'EST NUL BESOIN DE DIRECTION, SEULEMENT D'ORGANISATION.

Ce mois-ci, nous allons observer de plus près cette conclusion en nous penchant sur le questionnement suivant :

Quelle sorte d'organisation adopter afin d'en finir avec la société dirigée et gérée par une seule ou plusieurs personnes et permettre au peuple de se gérer lui-même, sans « représentants » (donc sans chef) ?

L'organisation qui répond le mieux à ces critères est la démocratie directe (le Socialisme libertaire) à structure fédéraliste que l'on retrouve dans l'idéologie anarchiste. Tout d'abord, il faut savoir que l'Etat, quel que soit son type, est nocif et oppressif par définition. Les institutions combinées à un pouvoir centralisé sont les ennemis mortels des libertés individuelles et collectives : en effet, la structure hiérarchique de l'Etat et son organisation autour d'un point central dominant favoriseront toujours la bureaucratisation de l'ordre social. D'autre part, et quoi qu'on dise, l'Etat n'est plus contrôlable par la base (le peuple), à partir du moment où il contrôle les organes vitaux de la société (armement, « sécurité publique », industrie…) : autant dire qu'il est incontrôlable et qu'il est voué, tôt ou tard, à dominer la base. En d'autres termes, trouver une alternative à l'Etat, c'est trouver une alternative à l'oppression systématique des dominants sur les dominés et mettre fin à l'existence d'une soi-disant  élite politique qui opprime le peuple.

Contrairement à certaines idées reçues, l'alternative anarchiste à l'Etat, en vue d'un nouvel ordre social libertaire et égalitaire, n'a rien d'utopique ou encore moins de désorganisé, car elle part sur des bases concrètes, comme le constat ci-dessus, et prend en compte toutes les éventualités.

Si nous en parlions justement de cette alternative ?

Tout d'abord, il faut savoir que le Socialisme libertaire s'oppose à la « démocratie » représentative (système politique que nous retrouvons, par exemple, aux Etats-Unis ou en Europe) : en effet, dans la première, le peuple n'élit pas de représentant pour le gouverner mais s'autogère lui-même. Il faut savoir que deux types de consciences existent : les consciences individuelles souveraines et la conscience de masse. Cette dernière peut prendre trop d'importance et ainsi écraser les consciences individuelles. Or l'Etat favorise, par ses structures empêchant l'individu de s'affirmer, cette conscience de masse. Pour garantir la sûreté des consciences individuelles (lesquelles peuvent former des consciences collectives positives), le pouvoir doit être détenu par tous. Personne ne connaît le peuple mieux que lui-même et il est donc le plus à même de se gérer tout seul : pour cela, chaque collectivité d'individus vivant ensemble et ayant des intérêts de fonctionnement communs (cela peut aller de la petite ville à la grande cité, sans pour autant prendre des proportions trop importantes ou trop restreintes) se constituera en « Commune » : cette Commune sera l'unité de base de la société libertaire. Elle sera constituée de la réunion d'assemblées de travailleurs et de comités de sections, et fonctionnera selon ce principe : chacun.e ayant son mot à dire, les décisions seront prises collectivement et, dans la mesure du possible, dans l'intérêt de chacun.e. Point de chefs, seulement des prises de décisions collectives. Ainsi, chacun.e participe réellement à la vie de la Cité, à la fois pour lui-même, puisqu'il est présent dans les comités, et à la fois pour l'intérêt commun.

Evidemment, dans les Communes très vastes, tout le monde ne pourra pas siéger simultanément à l'assemblée communale ; les comités de sections et les assemblées de travailleurs devront donc désigner librement un.e délégué.e qui sera chargé.e d'exposer strictement à ladite assemblée communale les décisions internes et les propositions établies par son assemblée et/ou son comité. Bien sûr, ces délégué.e.s sont révocables à tout moment et ne peuvent être désigné.e.s deux fois de suite pour représenter (au sens strict du terme) leur assemblée et/ou leur comité lors d'une réunion (ils.elles ne sont donc pas permanent.e.s).

Ainsi, chaque Commune fonctionnera en autogestion, dirigée par la totalité de ses habitants.

Il est également nécessaire d'unir toutes les Communes, afin que celles-ci travaillent ensemble et empêchent le retour du capitalisme et de l'oppression. Pour ce faire, les Communes se trouvant dans la même zone industrielle, agricole, culturelle… bref, ayant des intérêts économiques et stratégiques communs, s'uniront au sein de Fédérations régionales de Communes. Ces Fédérations seront très semblables au Communes elles-mêmes : elles seront en effet composées de la réunion de délégations révocables, contrôlées et tournantes de chaque Commune et, tout comme celles-ci, seront divisées en mini-assemblées révocables, contrôlées et tournantes, chacune munie d'un mandat clair et chargée de se spécialiser dans un secteur particulier (Instruction, transports, diverses branches de l'industrie…).

Eh bien ! Le Socialisme libertaire, où règnent les prises de décisions collectives, l'absence de dirigeants et de délégués permanents et incontrôlés, est déjà établie jusqu'au niveau régional et ce grâce au système fédéraliste ; mais pourquoi s'arrêter là ? Des Fédérations nationales fédèreront les Fédération régionales de la même manière que celles ci fédèrent les Communes ! Une Fédération internationale se constituera pour fédérer ces Fédérations nationales. Toutes ces fédérations feront bien sûr abstraction des frontières (qui seront d'ailleurs abolies) et se constitueront sur la seule base de l'intérêt commun.

Tout ceci est parfaitement réalisable et a même déjà été expérimenté avec succès (Commune de Paris, Soviets en Russie avant la prise du pouvoir par les Bolcheviques, Espagne en 1936-39…). Et même si les forces capitalistes et/ou étatiques ont mis fin de manière odieuse à ces expériences, le mouvement libertaire s'est toujours relevé.

Le système énoncé plus haut est celui de l'union des êtres humains libres et égaux, et pas seulement sur le papier, mais dans les faits.

Les Communes, libres et unies, auront vaincu ces vices que sont le capitalisme, la propriété privée exploitée pour le profit au détriment des travailleurs (la propriété sera essentiellement collective, mais la toute petite propriété dite d'usage - maisons, jardins… - sera respectée), les morales religieuse et étatiques, le clergé, le salariat et les discriminations et oppressions de toutes sortes.

En définitive, on voit bien que le Socialisme libertaire est, du fait de ses organismes locaux et de sa structure sociale débarrassée du poids énorme de l'Etat, beaucoup plus pragmatique et plus apte à changer le monde (ou plutôt à le débarrasser de ses maladies) que n'importe quelle autre organisation.

Alors commençons dès aujourd'hui : rien n'est plus simple que de se réunir pour fonctionner en commun et se libérer de la tutelle pesante de l'Etat ! Il est également inutile de participer à des élections dénuées d'intérêts. J'en appelle à votre bon sens: abstention générale et lutte active !

Groupons-nous, organisons-nous : le Socialisme libertaire se prépare dès maintenant !

L'ordre établi est plus que pourri, il est grand temps de marcher vers la liberté, l'égalité et la fraternité véritables : LE POUVOIR A LA BASE !