Editorial

 

Le jour de commémoration de la grande boucherie de 14-18, le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste de Besançon va, cette année encore, rendre un hommage à sa manière à tous les cocus de l’histoire et, en particulier, à Lucien Bersot qui fut un des fusillés pour l’exemple parmi tant d’autres (il fut assassiné pour avoir refusé de porter un pantalon en loque et maculé de sang, pris sur un mort). Une rue de la villen qui porte le nom d’un homonyme, « Louis Bersot , bienfaiteur », va donc être débaptisée et renommée « RUE LUCIEN BERSOT, fusillé pour l’exemple », afin de crier notre dégoût de la guerre, de l’armée, de toutes les armées. Rendez-vous samedi 11 novembre, à 11 h, rue Bersot.

 

 

LES ELECTIONS PASSENT, LES PROBLEMES RESTENT

 

Ça y est ! Les tant attendues élections présidentielles de 2007 ne sont plus très loin ! Les médias ne sont d’ailleurs pas en reste lorsqu’il s’agit de nous le rappeler ; que ce soit dans la presse, à la télévision ou encore à la radio, on peut assister à un véritable matraquage ! On parle des sondages, des débats, on propose milles conjectures quant au. à la. futur.e grand.e manitou.e de la France. Eh bien ! …voyons voir…de quelle couleur sera donc l’Etat l’an prochain ? Bleu, vert, rose, rouge délavé ou même brun (beurk !) ? … Ce n’est pas le choix qui manque ! Certains partis politiques sont en effervescence, à l’image du P.S. au sein duquel le trio Fabius/Strauss-Kahn/Royal se livre à un véritable marathon à la candidature, joliment assorti de coups bas et d’autres finesses (on se rappelle pourtant que les roses étaient tous frères et sœurs il y a trois mois !).

La gauche, de L.O. au P.S., promet une fois de plus moult réformes dites progressistes et dans l’intérêt des travailleurs… on a pu voir, en effet, ce que valaient les nombreuses promesses de réformes venant de la gauche, tout comme on a pu remarquer les subites crises d’amnésie quant à leurs programmes, auxquelles ont été sujet.te.s les leaders de la gauche - tout comme ceux de la droite d’ailleurs - une fois élu.e.s !

A l’U.M.P., la guerre continue de battre son plein entre Chirac, qui ne perd pas espoir, Villepin et Sarkozy. La droite aimerait résoudre de façon « radicale » la crise de l’emploi… Dans le langage des conservateurs, cela signifie, en gros, gaver les actionnaires, fliquer plus les chômeurs, donner encore plus de pouvoir aux patrons et aux bourgeois, et j’en passe… Sombre tableau en perspective. Entre cela, l’hypocrisie écœurante de la gauche et les ignobles projets de l’extrême droite, les élections promettent une fois de plus d’êtres jolies !

Tout de même ! Après cinq républiques et de nombreux gouvernements de droite comme de gauche, il serait peut-être temps de tirer des conclusions sur ce que vaut la démocratie représentative.

Démocratie… dêmos kratos… : « le pouvoir du peuple » ou « le peuple au pouvoir », en grec ancien. Pourtant, en France et même ailleurs, on se demande si l’emploi de ce mot est vraiment justifié. En effet, si le peuple détenait le pouvoir, chaque individu serait censé décider soi-même de son propre destin et, avec tous ses congénères, décider du fonctionnement de la société, en prenant en compte chacun, bien sûr. Pourtant, est-ce le peuple organisé en assemblées générales fédérées ou est-ce les institutions telles que l’Assemblée nationale ou encore les hommes et les femmes d’Etat qui dirigent les soi-disant démocraties et contrôlent les sociétés tout entières ?

Certainement pas le premier ! On l’a dit : si le peuple détenait le pouvoir, il serait organisé efficacement, de sorte que chaque individu décide lui-même de ce qu’il doit faire ou non et que les règles communes soit établies par tous et en fonction de tous, et non par une caste de bureaucrates qui servent leur propres intérêts. Les soi-disant représentants du peuple siègent au corps législatif pour eux-mêmes et non pour leurs électeurs, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Mais et le droit de vote ? me direz-vous. Le droit de vote ? Un mensonge, une duperie pour mieux endormir le peuple. Son seul intérêt : choisir qui seront les maîtres. Que nous importe ? Nous ne voulons plus de maîtres ! Le peuple doit décider par lui-même. Ni dictateurs, ni démocratie bourgeoise et parlementaire ! Car l’être humain seul face au pouvoir et à l’Etat est rapidement corrompu par ceux-ci (on l’a bien vu en Russie, dès 1918, ou encore en 1793 avec un certain Robespierre), qu’il soit de droite ou de gauche.

Le pouvoir ne peut être confié qu’à la base, qu’au peuple organisé et non à une élite parlementaire. Car derrière les promesses se cachent les rêves de pouvoir : on flatte le peuple pour s’en servir, pour le mâcher comme un chewing-gum, puis, une fois sans goût, on le crache, on l’expédie dans la misère.

Tant qu’il y aura des « chefs », il y aura des « soumis », et tant qu’il y aura un pouvoir étatique, il y aura un parti politique pour s’en emparer.

Alors, pourquoi glisser un bulletin dans une urne afin d’élire des chefs exploiteurs alors que l’on peut décider soi même ?

IL N’EST NUL BESOIN DE DIRECTION, SEULEMENT D’ORGANISATION.

Quelle sorte d’organisation ? Nous ne manquerons pas de vous le dire le mois prochain !