Editorial
Ça y est ! C'est la fête du foot ! Et l'événement agit comme une vitrine du monde, celui de l’exploitation. Tout d’abord, on oublie de parler des travailleurs immigrés, sans papiers, que l’on exploite pour réaliser les travaux pharaoniques, dans un temps réduit. On évoque à peine l’exploitation des femmes dans le commerce de la prostitution. On signale les risques d’agressions racistes dans certains quartiers. Mais on parle surtout de l’argent que cela va rapporter. Des jeux pour amuser le peuple et, pendant ce temps, les décisions se prennent.
LE C.E.S.E.D.A. : UNE LOI HYPOCRITE ET
LIBERTICIDE POUR UNE « IMMIGRATION JETABLE »
Le Code d'Entrée et du Séjour des
Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) et la politique française sur
l'immigration en général soulèvent de nombreuses réactions indignées dans
l'Hexagone et même au-delà de nos modestes frontières. En décembre dernier déjà,
Amnesty International, faisait un bilan accablant sur
le droit d'asile en France. Le projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale
et qui doit passer devant le Sénat début juin, malgré toutes les controverses
qu'il suscite, a été voté sans grogner ou presque par nos aimables dirigeants.
Qui a pu croire un jour que
Quelles sont les principales
mesures de ce texte de loi ? Vous pourrez les trouver explicitement détaillées
et commentées sur le site http://www.contreimmigrationjetable.org et le texte
fondateur est lisible à l'adresse http://www.legifrance.gouv.fr. Les points les plus alarmants et qui font
froid aux yeux :
– Le projet supprime la
possibilité pour les étrangers résidant habituellement en France depuis 10 ans
d'obtenir une Carte de Séjour Temporaire (CST) « vie privée et familiale ». A
partir de là, les possibilités légales de régularisation des sans-papiers, déjà
difficiles, s'amenuisent dramatiquement.
– L'obtention d'une CST se trouve
subordonnée à des conditions concernant la situation familiale et « l'insertion
dans la société française » de l'immigré, critères très vaguement définis dans
le texte de loi et donc laissés à la libre interprétation des préfets.
– Le mariage français-étranger
ne pourra donner lieu à un titre de séjour d'un an que si l'immigré retourne
demander dans son pays d'origine un visa de long séjour, titre très difficile à
obtenir en raison des réticences des services consulaires. Une personne mariée
avec une personne française peut acquérir la nationalité après quatre ans de
mariage (au lieu de 2 actuellement).
– Le délai d'attente pour déposer
une demande de regroupement familial est allongé (18 mois au lieu d'un an).
– Le texte entend mettre en place
une procédure de contestation de reconnaissances d'enfants tout à fait inédite
en droit de la famille. L'officier d'état civil qui reçoit la reconnaissance
d'un enfant peut saisir le parquet s'il estime qu'il existe « des indices
sérieux laissant présumer que la reconnaissance est invraisemblable ou
frauduleuse ».
– En pratique, et pour résumer,
de nombreuses familles sont susceptibles d'être bientôt reconduites – parfois
manu militari – à la frontière avec leurs enfants, alors même que les
précédentes lois les protégeaient – tant bien que mal ! – d'une expulsion.
– Le droit d'asile sera concédé
selon des critères draconiens et souvent « subjectifs » (comment définir les
pays « à risque » autorisant la demande d'asile politique alors même que
– Les immigrés « choisis » seront
« sélectionnés » sur leurs capacités à apporter des richesses à leur pays
d'accueil, bref ils seront réduits à leur force de travail.
On commémore la fin de
l'esclavage avec des pompons et des drapeaux tricolores, alors qu'on vient de
nous balancer le « rôle positif de la colonisation française » et qu'on prépare
un projet de loi pour sanctionner, ficher et éjecter du sol français les
immigrés que notre pays n'a pas choisis. Ceux-là mêmes qui ont le plus besoin
de fuir des dictatures – parfois installées ou soutenues par le gouvernement
français –, ceux qui viennent chercher « la sûreté de leur personne » seront
bientôt tenus de rester chez eux ou d'y retourner. Les femmes et les hommes qui
subissent le chômage, les guerres, la pauvreté et sont naturellement attirés
par les richesses et la paix d'un pays comme le nôtre, mais qui n'ont pas eu la
chance d'être étudiants, ingénieurs ou chercheurs dans leur pays d'origine,
sont sommés de survivre aussi loin que possible de chez nous. Elles sont bien
loin les trente glorieuses, époque où l'on a massivement déraciné des étrangers
pour reconstruire
Le terme même d'immigration
choisie est une insulte à tous les êtres humains. Qu'est-ce que ça veut dire
que choisir les individus que l’ont veut « importer » ? S'agit-il d'objets, de
marchandises ? Quelle dignité humaine défend-on ? Et les autres, les non
choisis, que deviendront-ils ?
Si d'un côté, on dit vouloir
garder les individus utiles à l'économie française (les cerveaux), on omet de
dire que les travailleurs sans papiers sont et resteront très utiles aux
patrons, qui bénéficient ainsi d'une main-d'œuvre sous-payée, exploitée,
menacée d'expulsion. Cette main-d'œuvre permet de faire pression sur le reste
des travailleurs afin de faire baisser les salaires et accepter des conditions
de travail de plus en plus difficiles.
Les anarchistes se sont toujours
indignés contre la notion de frontière, germe de dissensions entre les peuples,
de guerres et d'inégalités. Voilà une preuve de plus, s’il en fallait, que les frontières
politiques et économiques sont une plaie ouverte de l'humanité, car elles
deviennent de plus en plus imperméables à la pauvreté, s'érigent comme des
remparts à la misère, que l'inconscient collectif bourgeois et libéral voudrait
bien pouvoir refouler et oublier, ces frontières qui permettent enfin à une
poignée de dirigeants de distinguer avec un cynisme absolu les bons des mauvais
immigrés. Car c'est ça, au fond, l'immigration choisie…
Au-delà de ces dispositions qui
semblent n'intéresser que la politique intérieure, c'est
une Europe qui ouvre bien vite ses frontières à la circulation du fric tout en
les fermant aux flux humains jugés subis, traduisez par indésirables. C'est un
clivage Nord-Sud qui se creuse, et un clivage Est-Ouest
qui se dessine. C'est une Europe élitiste qui regarde le reste du monde avec
condescendance, comparable à une Amérique richissime qui refoule et broie
l'immigration mexicaine. Ce n'est pas pour rien que l'ONU a très récemment
accusé les pays riches de bafouer le droit d'asile.
Comment réagir à cette grave remise en cause des droits fondamentaux, à cette nouvelle attaque faite à la liberté de l'individu ? D'abord en se tenant informé – dans la presse, sur Internet, auprès des nombreuses associations engagées et « unies contre cette immigration jetable » –, en signant la pétition disponible sur le site www.contreimmigrationjetable.org, en suscitant des débats autour de vous – l'école n'est-elle pas un lieu privilégié pour cela ? –, et en manifestant votre indignation avec celles et ceux qui ont la ferme intention de ne pas laisser passer de telles lois liberticides.
La chasse aux étrangers est d'une
réalité très concrète,
à Besançon
aussi
Comité de soutien à
Dinka et sa famille / Lycée Victor Hugo (Isabelle Blanc)
1 rue Rembrandt -
25000 Besançon
Le comité de soutien à Dinka et
sa famille représente la communauté scolaire du lycée Victor Hugo de Besançon
(25).
Tous ensemble contre la
désillusion d'une famille bosniaque !
Dinka Hadzic
et sa famille sont arrivés à Besançon il y a presque six ans fuyant leur pays
d'origine,
Nous nous opposons à cette mesure
injuste et inhumaine !
C'est pourquoi nous demandons à
Monsieur le Préfet de Franche-Comté d'accorder à Dinka Hadzic
et à sa famille la régularisation de leur situation avec un titre de séjour
mention « vie privée et familiale ».
Comité de soutien à
Dinka et sa famille
Lien vers le texte : http://comitesoutiendinka.blog.ca/
Version papier de la
pétition disponible à la librairie lautodidacte.org