Editorial

 

Les motifs de mobilisation ne manquent pas en ce début d’année. Que ce soit la lutte contre le CPE et la destruction des derniers pans du droit du travail ou celle contre les expulsions et les lois racistes en préparation.

N’oublions pas le 8 mars, journée internationale de lutte des femmes, qui sont les premières dans toutes les périodes de crise et de réaction à en subir les conséquences, que ce soit à la maison ou au travail. A cette occasion, plusieurs organisations appellent à un rassemblement le 8 mars à 18 h, Place du 8 septembre à Besançon.

 

 

L’ARMEE ÇA TUE, ÇA POLLUE, ÇA REND CON

MAIS ÇA RAPPORTE !

 

Avec la fin du service militaire obligatoire, beaucoup de mouvements antimilitaristes se sont éteints, faute d’objet de lutte. Or, nous ne pouvons que constater que l’armée prend dans notre société une place démesurée. Le périple du Clemenceau, le danger écologique que cette « gloire de la flotte française » représente, son coût économique, ne sont là que pour nous le rappeler un peu plus.

Le nerf de la guerre

La mondialisation du capital, comme le militarisme sont les deux aspects principaux de l’impérialisme. Le militarisme et le développement technologique du capitalisme sont fortement liés. Faut-il rappeler que faire la guerre permet de développer l’économie d’un pays fondée sur la production d’armes ?

Depuis la seconde guerre mondiale, le système militaro-industriel des Etats-Unis n’a eu de cesse de s’enraciner dans l’économie et la société, même après la fin de la Guerre froide. Aussi, le développement de l’industrie de l’armement prend de nouvelles voies en vue de la préparation de « guerres urbaines » (selon l’expression des experts du Pentagone). Ces guerres urbaines pourraient  avoir lieu dans les métropoles du Sud mais aussi dans les grandes villes occidentales contre les « classes dangereuses ». En élargissant son domaine d’action à des aspects de la vie sociale et privée, l’armée renforce le système militaro-sécuritaire. Ceci pour dire que le combat contre l’armée est plus que jamais d’actualité. Nous la finançons par les impôts et nous, civils, en sommes les premières victimes que ce soit en temps de guerre ou non. En effet, pour maintenir l’ordre social, l’état n’hésite pas à faire intervenir l’armée.

Les médias et la guerre

Si nous savons tous très bien que, lors de la guerre de 14-18, la propagande faisait office d’information, il faut sans doute le réaffirmer en ce qui concerne le traitement des conflits actuels. En effet, le traitement de l’information est influencé par ceux qui disposent des moyens de communiquer, ceux qui détiennent les médias. Or, la plupart de la presse écrite ainsi que la quasi-totalité des éditions en France appartiennent à deux fameux marchands de canons : Lagardère et Dassault...

La guerre est mise en scène, légitimée par son propre récit, devient un objet de fascination. Le déploiement de nombreux envoyés spéciaux est pour le téléspectateur une preuve d’authenticité. A ceci s’ajoute une multiplication des images, le déversement d’une quantité d’informations le tout, dans une quasi simultanéité. Ces divers procédés créent une impression de réel, une impression d’omniscience. Or le fait de ne pas prendre la distance nécessaire pour analyser ces informations joue bien sûr sur la qualité de cette information. Mais ce n’est pas tout, il faut également convoquer des experts sur les plateaux télévisés qui sont plus là pour légitimer le travail des journalistes que pour expliquer les conflits. Et le vocabulaire s’adapte lui aussi, pour mieux servir l’idéologie belliciste, justifier en diabolisant certains protagonistes la guerre, minimiser la gravité des morts civiles… Au nom de la concurrence (il est toujours question de se faire de l’argent…) et du droit de savoir, du devoir d’informer, les journalistes proposent une information tronquée, erronée, mensongère et ce, au service de l’armée.

Mais ce type d’information ne se limite pas aux périodes de guerre : l’armée, qui est moins avare quand il s’agit de se faire de la publicité que quand elle doit recycler ses anciens porte-avions, diffuse de façon régulière à la télévision des spots de propagande dressant d’elle un portait on ne peut plus flatteur. L’armée serait un métier d’avenir, et dire que je croyais que c’était plus la mort est mon métier … L’action de l’armée s’étendrait maintenant à l’humanitaire. Mais peut-être serait-il malvenu de le dire aux victimes ivoiriennes.

L’armée, partout dans le monde, tue pour le profit des états et du capitalisme.

A BAS TOUTES LES ARMEES !