Edito

 

Le mouvement anarchiste a toujours combattu l’autorité et le pouvoir sous ses différentes formes : politique, l’Etat, économique, le capitalisme, morale, la religion.

Cette dernière forme d’oppression, la plus insidieuse peut-être, qu’on a pu croire pendant un temps en perte de vitesse, fait un retour en force à la faveur de la situation catastrophique créée par le capitalisme au niveau mondial. Les pouvoirs en place se frottent les mains et, avec l’aide des médias, essaient de nous maintenir dans l’obscurantisme le plus total. Pendant que les peuples s’en remettent à un Dieu, ils ne luttent pas contre l’exploitation de l’homme par l’homme.

Les événements actuels liés aux caricatures de Mahomet, instrumentalisés par les intégristes musulmans ou non, montrent bien où peut mener la religion : à la folie, à la guerre et, bien sûr, à la censure. Et le soutien apporté par les différentes églises à la religion musulmane montrent bien qu’au-delà de leurs différences les religions ont le même but, abrutir le peuple.

Si la religion musulmane apparaît aujourd’hui comme la religion la plus obscurantiste, n’oublions pas que l’inquisition n’est pas si éloignée. Rappelez-vous : A la demande de l’Eglise catholique, pour avoir refusé de saluer une procession, d’avoir chanté deux chansons impies et possédé chez lui le dictionnaire philosophique de Voltaire, le Chevalier de La Barre, âgé de vingt ans, est condamné le 1er juillet 1766, à avoir, après tortures, la langue arrachée, la tête tranchée, le corps brûlé sur le bûcher – avec l’exemplaire du livre de Voltaire – et les cendres jetés au vent.

Ben Laden, un petit joueur.

Vade retro Dieu !

 

 

CPE, contrat de précarité et d’esclavage

 

Le CPE, contrat de première embauche privant le jeune salarié de ses droits les plus élémentaires, n’est qu’une étape de plus dans la précarisation générale de la population vivant exclusivement de son travail. Ainsi donc la boucle est presque entièrement bouclée : par le CPE, concernant les jeunes, le CNE concernant les chômeurs, les dispositions à l’étude concernant les seniors, ainsi que les projets concernant l’apprentissage dès 14 ans, tous les âges de la population se retrouvent dans une précarisation accentuée.

Cette précarisation générale profite intégralement au patronat qui a une main-d’œuvre à moindre coût. Le taux de chômage reste élevé en maintenant artificiellement un marché du travail avec une demande d’emplois supérieure à l’offre, ce qui garantit une « paix sociale » sous haute vigilance du pouvoir politique. La surveillance des citoyens est ainsi possible par un flicage généralisé de toutes les couches de la population.

Car c’est bien le pouvoir politique qui a institué la précarisation générale par son arsenal législatif pour le plus grand profit du MEDEF. Le pouvoir en place poursuit d’ailleurs sa politique destructrice, en instituant également la précarisation des fonctionnaires, à grands coups de privatisations et de contractualisation des agents de la fonction publique. Ainsi les besoins les plus fondamentaux de la population, tels que la santé, l’éducation, la communication, l’énergie et les transports, se retrouvent aux mains d’investisseurs privés, motivés par le seul profit. La démonstration est faite à ceux qui en doutaient encore : le pouvoir politique est la courroie de transmission du capitalisme.

La précarisation généralisée ne profite donc qu’au capitalisme, et ce n’est pas en essayant de lui donner un « visage humain », n’en déplaise à la gauche parlementaire, ainsi qu’aux syndicats institutionnalisés, que les choses changeront fondamentalement pour l’ensemble de la population. De façon globale, le salariat est indissociable de la précarité, ils vont de pair depuis toujours, puisque le capitalisme a besoin d’une marge de manœuvre pour faire pression sur les salaires.

Impossible donc d’envisager une porte de sortie de la précarité sans envisager à terme l’abolition du salariat, donc l’égalité économique et sociale, et la gestion par les travailleurs, les usagers, etc. des outils de production et de distribution (l’autogestion). Le capitalisme est l’ennemi des gens qui ne vivent que des revenus de leur travail, s’en émanciper est une mesure de survie.

La mise à bas du capital, et de ses valets ne se fera que par l’action directe des individu-e-s eux-mêmes. Cette action directe peut déjà commencer par la mise en pratique de rapports solidaires concrets : augmentations uniformes des salaires et non au pourcentage, demandes d’égalité des droits dans et hors de l’entreprise. Il est grand temps que chacune et chacun reprenne ses affaires en main en ne confiant plus ses intérêts aux politiciens professionnels de tous bords, ni aux bureaucraties syndicales plus soucieuses de leur image médiatique et de leur représentativité (qui leur permet de siéger dans toutes sortes d’instances avec le patronat et l’Etat et de rémunérer par la même occasion leurs permanents) que des intérêts des travailleurs qu’elles sont sensées représenter et qu’elles mènent en bateau depuis des années par des journées d’action catégorielles, parcellaires, non unitaires, répétitives, donc inutiles et démobilisatrices, alors que seule une grève générale illimitée est en mesure de faire plier un pouvoir en place.

Mais cette perspective de grève générale semble encore plus effaroucher les syndicats que le patronat et le pouvoir.