Edito
Le mouvement anarchiste a toujours combattu l’autorité et le pouvoir
sous ses différentes formes : politique, l’Etat, économique, le capitalisme,
morale, la religion.
Cette dernière forme d’oppression, la plus insidieuse peut-être, qu’on
a pu croire pendant un temps en perte de vitesse, fait un retour en force à la
faveur de la situation catastrophique créée par le capitalisme au niveau
mondial. Les pouvoirs en place se frottent les mains et, avec l’aide des
médias, essaient de nous maintenir dans l’obscurantisme le plus total. Pendant
que les peuples s’en remettent à un Dieu, ils ne luttent pas contre
l’exploitation de l’homme par l’homme.
Les événements actuels liés aux caricatures de Mahomet,
instrumentalisés par les intégristes musulmans ou non, montrent bien où peut
mener la religion : à la folie, à la guerre et, bien sûr, à la censure. Et le
soutien apporté par les différentes églises à la religion musulmane montrent
bien qu’au-delà de leurs différences les religions ont le même but, abrutir le
peuple.
Si la religion musulmane apparaît aujourd’hui comme la religion la plus
obscurantiste, n’oublions pas que l’inquisition n’est pas si éloignée.
Rappelez-vous : A la demande de l’Eglise catholique, pour avoir refusé de
saluer une procession, d’avoir chanté deux chansons impies et possédé chez lui
le dictionnaire philosophique de Voltaire, le Chevalier de
Ben Laden, un petit joueur.
Vade retro Dieu !
CPE, contrat
de précarité et d’esclavage
Le CPE, contrat de première
embauche privant le jeune salarié de ses droits les plus élémentaires, n’est
qu’une étape de plus dans la précarisation générale de la population vivant
exclusivement de son travail. Ainsi donc la boucle est presque entièrement
bouclée : par le CPE, concernant les jeunes, le CNE concernant les chômeurs,
les dispositions à l’étude concernant les seniors, ainsi que les projets
concernant l’apprentissage dès 14 ans, tous les âges de la population se
retrouvent dans une précarisation accentuée.
Cette précarisation générale
profite intégralement au patronat qui a une main-d’œuvre à moindre coût. Le
taux de chômage reste élevé en maintenant artificiellement un marché du travail
avec une demande d’emplois supérieure à l’offre, ce qui garantit une « paix
sociale » sous haute vigilance du pouvoir politique. La surveillance des citoyens
est ainsi possible par un flicage généralisé de toutes les couches de la
population.
Car c’est bien le pouvoir
politique qui a institué la précarisation générale par son arsenal législatif
pour le plus grand profit du MEDEF. Le pouvoir en place poursuit d’ailleurs sa
politique destructrice, en instituant également la précarisation des
fonctionnaires, à grands coups de privatisations et de contractualisation des
agents de la fonction publique. Ainsi les besoins les plus fondamentaux de la
population, tels que la santé, l’éducation, la communication, l’énergie et les
transports, se retrouvent aux mains d’investisseurs privés, motivés par le seul
profit. La démonstration est faite à ceux qui en doutaient encore : le pouvoir
politique est la courroie de transmission du capitalisme.
La précarisation généralisée ne
profite donc qu’au capitalisme, et ce n’est pas en essayant de lui donner un «
visage humain », n’en déplaise à la gauche parlementaire, ainsi qu’aux
syndicats institutionnalisés, que les choses changeront fondamentalement pour
l’ensemble de la population. De façon globale, le salariat est indissociable de
la précarité, ils vont de pair depuis toujours, puisque le capitalisme a besoin
d’une marge de manœuvre pour faire pression sur les salaires.
Impossible donc d’envisager une
porte de sortie de la précarité sans envisager à terme l’abolition du salariat,
donc l’égalité économique et sociale, et la gestion par les travailleurs, les
usagers, etc. des outils de production et de distribution (l’autogestion). Le
capitalisme est l’ennemi des gens qui ne vivent que des revenus de leur
travail, s’en émanciper est une mesure de survie.
La mise à bas du capital, et de
ses valets ne se fera que par l’action directe des individu-e-s
eux-mêmes. Cette action directe peut déjà commencer par la mise en pratique de
rapports solidaires concrets : augmentations uniformes des salaires et non au
pourcentage, demandes d’égalité des droits dans et hors de l’entreprise. Il est
grand temps que chacune et chacun reprenne ses affaires en main en ne confiant
plus ses intérêts aux politiciens professionnels de tous bords, ni aux
bureaucraties syndicales plus soucieuses de leur image médiatique et de leur
représentativité (qui leur permet de siéger dans toutes sortes d’instances avec
le patronat et l’Etat et de rémunérer par la même occasion leurs permanents)
que des intérêts des travailleurs qu’elles sont sensées représenter et qu’elles
mènent en bateau depuis des années par des journées d’action catégorielles,
parcellaires, non unitaires, répétitives, donc inutiles et démobilisatrices,
alors que seule une grève générale illimitée est en mesure de faire plier un
pouvoir en place.
Mais cette perspective de grève générale semble encore plus effaroucher les syndicats que le patronat et le pouvoir.