Edito
L’état d’urgence est levé mais le racisme sécuritaire reste bel et bien
présent.
Durant ces quelques mois, nous aurons vu la gauche et la droite appeler
à l’intervention de l’armée, le ministre de l’Intérieur créer de nouvelles
forces de police, de nouvelles lois prises contre l’immigration. Le discours
raciste est bel et bien intégré par tous les politiciens qui amalgament
émeutes, religion, immigration, polygamie et autres immondices racistes.
Leur ennemi : la jeunesse, des cités et d’ailleurs, les pauvres, les
chômeurs, les révoltés, mais plus globalement l’ensemble des travailleurs, des
classes populaires. C’est bel et bien une guerre sociale qui est déclarée.
L’ANARCHIE, C’EST L’ORDRE MOINS LE
POUVOIR
Le mouvement anarchiste est né avec le mouvement ouvrier du xixe siècle et toutes les idées socialistes, c’est-à-dire pour une socialisation des richesses, contre la propriété privée des patrons exploiteurs et de l’état matraqueur. Très vite, des dissensions se font jour entre les libertaires et les autoritaires (marxistes et sociaux-démocrates). Ces derniers veulent conquérir le pouvoir politique par les élections ou par la révolution et la dictature du prolétariat. Les anti-autoritaires mettent en avant qu’une structure de pouvoir a sa logique propre qui est de perdurer au détriment des individus qu’elle prétend servir ou protéger. L’Etat reste un outil de contrôle et d’asservissement des individus. Il sert à aménager la société de telle sorte que l’exploitation capitaliste puisse perdurer. Le jeu électoral ne vise qu’à intégrer un système de domination des individus. Politiciens et patrons défendent les mêmes intérêts de classe (celle des dominants) contre les classes opprimées.
Libertaire – Egalitaire – Solidaire, la révolution reste à faire.
Le mouvement anarchiste se distingue par 3 refus fondamentaux : l’exploitation économique (le capitalisme), politique (l’Etat) et morale (la religion). Il leur oppose le communisme libertaire ou le collectivisme, le fédéralisme et l’éthique anarchiste.
Nous voulons construire une société libre, sans classes ni Etats, sans patries ni frontières dont les buts sont les suivants : l'émancipation des individus, l'égalité sociale, économique et politique de tou(te)s, la liberté de création, la justice, l'éducation libertaire et permanente, l'organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs (autogestion), la démocratie directe, une économie tournée vers la satisfaction des besoins, l'abolition du salariat, l'écologie, la libre union des individus ou des populations, la liberté d'expression, la libre circulation des individus.
Le mouvement anarchiste, même s’il n’a pas pignon sur rue, a connu des victoires dans ses luttes au sein du mouvement syndical, par exemple, mais aussi contre l’armée (obtention du statut d’objecteur de conscience), dans le mouvement féministe ou écologiste. Aujourd’hui la plupart des mouvements sont repris en main par les pouvoirs étatiques, économiques et/ou religieux et vidés de leur contenu revendicatif, prouvant une fois de plus la justesse des positions anarchistes. Nous devons lutter hors des structures du pouvoir et développer nos propres actions et propres analyses en gardant le contrôle de nos décisions et de nos affaires, c’est ce que l’on appelle l’autogestion.
Partout dans le monde et lors des grèves, ce principe est remis en vigueur et appliqué par des gens qui ne se déclarent pas anarchistes mais qui sentent et/ou expérimentent les faiblesses et les dérives du pouvoir et de sa délégation à de soi-disant « élites ». Les gens s’organisent et retrouvent le sens de la lutte collective.
Le mouvement anarchiste doit donc être le promoteur des telles actions et pousser à la prise de conscience des individus de leur capacité à gérer la vie collectivement. Nous devons aussi nous organiser contre les attaques du MEDEF, contre la politique sécuritaire et réactionnaire de l’Etat, contre la tentative de reprise de contrôle de nos vies par les religions.
Pour tout cela, nous ne serons
jamais de trop ! Donc si nos idées t’intéressent, n’hésite pas à venir en
parler avec nous à