Editorial

 

Non à la colonisation des esprits ! Le gouvernement se lâche dans ses propos racistes et fait passer toutes sortes de lois réactionnaires. Ainsi, en février dernier, un texte de loi sur les colonies a été adopté par l’Assemblée nationale, avec les votes du PS. Ce texte incite les enseignant.e.s à parler de façon « positive » de l’action de la France dans les colonies, comme si les massacres, l’esclavage, l’exploitation, la domination pouvaient avoir des vertus positives. En plus, ce sont les politiques qui viennent mettre leur nez dans la réécriture de l’histoire et qui décident ce que l’on doit apprendre. Depuis, la colère gronde et nous n’aurons de cesse de combattre le racisme sous quelque couleur politique qu’il se cache.

 

 

QUI SÈME LA MISÈRE RÉCOLTE LA COLÈRE !

 

La série de révoltes qui a éclaté dernièrement dans plusieurs villes françaises, suite à la mort de 2 jeunes (Zyad et Bounna), ne peut qu’interpeller les révolutionnaires que nous sommes. Certaines causes de cette flambée d’émeutes ont été analysées assez correctement par les médias dominants (exclusion scolaire, discrimination sociale, chômage).

Personne ne peut nier l’existence de réseaux d’économie parallèle mais la situation n’est en rien comparable aux ghettos des USA ou d’Amérique latine. Cette mise en avant de groupes « mafieux organisés » ne vise qu’à faire peur aux bourgeois et à justifier la répression (vidéo-surveillance, état d’urgence, couvre feu, expulsion des étrangers – y compris en situation régulière – condamnés).

On a déjà moins souligné le rôle déclencheur du ministre de l’Intérieur Sarkozy qui, lorgnant sur les voix du FN pour 2007 a juré de nettoyer la « racaille » au « kärcher », jetant ainsi de l’huile sur le feu (et c’est les cas de la dire).

Les médias bien-pensants ont évidemment déploré la violence des jeunes révoltés, en oubliant un peu vite que la révolution de 1789, qui a fondé notre démocratie bourgeoise, a occasionné la mort de milliers de personnes. Ils oublient encore plus que le racisme larvé de la société française, que les politiques urbanistiques déplorables menées depuis 40 ans, que les termes de « sauvageons », « racaille », de « pacification » sont des agressions caractérisées et répétées contre les jeunes des banlieues. Et que dire des provocations policières incessantes, des contrôles au faciès, des bavures ? Les lois anti-immigrés ont renforcé la violence et l’injustice des pratiques policières.

Il y a urgence à combattre l’Etat.

Plus généralement, c’est la violence du capitalisme qui provoque les guerres, famines et désastres écologiques, tout en obligeant la majeure partie de la population à trimer pour une salaire de misère (encore faut-il avoir la « chance » d’avoir un travail), tandis qu’une infime minorité vit dans un luxe éhonté.

Brûler des voitures, des écoles, caillasser des flics ne changera évidemment rien à la situation sociale mais ces explosions de colère sont aussi à l’image de l’intransigeance et de la violence du gouvernement qui ne tient pas compte des revendications des mouvements sociaux, brise les grèves et condamne les militant.e.s. Certains élus (dont certains du PS) n’ont-ils pas appelé à l’intervention de l’armée dans les cités ?

Il nous faut dénoncer vigoureusement la répression, les doctrines fascisantes et racistes d’un Etat de plus en plus policier, en se souvenant que les lois sécuritaires, les mesures d’exception peuvent aussi être appliquées pour réprimer les mouvements sociaux (intervention du GIGN contre les marins corses, par exemple).

L’argent que l’Etat ne trouve pas pour l’aménagement des quartiers, des politiques sociales plus performantes, la revalorisation du SMIC, il l’a toujours pour les patrons, pour la police, l’armée ou la construction de nouvelles prisons.

Nous avons bien vu que l’on ne peut pas faire confiance aux hommes politiques de tous bords pour améliorer réellement les choses.

Construisons ensemble un nouveau monde plus juste, plus égalitaire et plus libre, sans quoi la barbarie de ce système entraînera des mouvements désespérés auprès desquels les derniers événements feront figure de tranquilles rondes enfantines…