Edito

Pour ceux qui pensaient être débarrassés de cette feuille de choux anarchiste, tant pis. Nous revoilà après quelques mois d’absence.

Les activités reprennent également à la librairie lautodidacte.org avec un certain nombre de réunions publiques déjà programmées. La manifestation du 4 octobre sera un test important pour le gouvernement et aussi pour le mouvement social. Rentrée chaude ou attente patiente des prochaines échéances électorales. Notre choix est fait et nous ferons notre possible pour que ce soit la première solution qui prime, tant la seconde serait catastrophique et porteuse d’espoirs qui ne manqueront pas d’être déçus.

A bientôt donc à lautodidacte et dans la rue !

Non à la criminalisation du mouvement social !

La fin de l’année dernière a été mouvementée pour beaucoup d’entre nous. Les lycéen.ne.s en lutte ont montré leur détermination, leur capacité d’organisation et de riposte face aux lois Fillon et à la casse du service public d’éducation (AG, manif, blocage / occupation des lycées et autres bâtiments administratifs, jonction aux manifs interprofessionnelles). Malheureusement, ni les luttes lycéennes, ni les luttes des salarié.e.s n’ont abouti à une victoire du mouvement social. Le gouvernement a joué la montre et le bâton. Combien de coups reçus ? Combien d’intimidations policières ? Combien de pressions ?

Le gouvernement triomphant n’a eu de cesse de traquer les individu.e.s révolté.e.s. L’été a connu son lot de procès et de condamnations des militant.e.s. L’actualité de cette rentrée ne semble pas vouloir changer. Les procès se poursuivent, la loi Fillon entre en application, les jeunes en difficulté iront dans les nouveaux « bagnes » mis en place par l’armée, les profs devront obligatoirement remplacer leurs collègues absent.e.s, …

Que retenir alors de ce mouvement ?

Tout d’abord, les jeunes ne sont pas encore lobotomisé.e.s par les programmes débiles de la télé. Ils/elles ont encore et toujours la faculté de se rebeller contre les injustices. Rappelons-nous les dernières élections présidentielles. Qui a tenu le pavé face aux racistes et aux votard.e.s frileux/ses ?

Et dernièrement, alors que tout le monde regardait vers les échéances référendaires, qui a maintenu la pression sur le gouvernement ? Car, en guise de grand changement que les partisan.e.s du vote nous promettaient à longueur de manifs – oubliant ainsi la nécessité de se placer sur le terrain de la lutte sociale –, nous avons eu droit à un jeu de chaise musicale. De Robien, des transports, remplace Fillon mais la politique reste la même. Et Fillon, après avoir cassé les retraites et l’école de s’en aller, tout comme le fusible Raffarin.

Alors, second enseignement, ce n’est pas le nom des ministres qui importe mais la politique menée et la nécessité de lutter contre tous ces partis qui se partagent le pouvoir de nous asservir et de nous exploiter.

Et pour la lutte, les coordinations lycéennes ont joué un rôle important et suffisant. Les syndicats lycéens, piètre caricature des syndicats d’accompagnement du pouvoir, n’ont joué aucun rôle positif dans la lutte. Leur utilité a donc été nulle. Cela pose la question de l’organisation sur le long terme et sur les perspectives offertes. La liaison avec les associations de parents d’élèves peut se révéler utile, en cas de répression notamment, mais aussi avec les organisations syndicales professionnelles. L’autoorganisation de groupes de jeunes étudiant.e.s / lycéen.ne.s peut aussi permettre de faire le lien entre les bahuts d’une même ville et d’autres villes.

Nous restons partisan.e.s de l’organisation des exploité.e.s et de la jonction des luttes dans un mouvement anti-capitaliste qui soit détaché des sirènes électorales. Ce mouvement peut trouver son inspiration dans les idées et les pratiques anarchistes. D’ailleurs, les luttes reprennent souvent des mots d’ordre et des modes d’organisation propres aux anarchistes.

Notre situation est dans une phase critique de casse des acquis sociaux, de criminalisation des militant.e.s. Face à cela, seule notre lutte collective pourra inverser la tendance et redonner forme et vie à nos espoirs d’une société meilleure.