Edito
Comme en 2003 contre la «
réforme » des retraites, en 2004 contre la « réforme » de la sécu, ce début
d’année 2005 voit refleurir des manifestations, des fonctionnaires pour la
sauvegarde du service public, des salariés en général pour le maintien des 35
h, des chercheurs pour l’entrée dans les faits des promesses faites l’année
dernière, des lycéens pour le maintien d’une école publique correcte autant
qu’elle peut l’être dans cette société. Face à ces manifestations, le pouvoir
utilise cette démocratie parlementaire de merde, dont quasiment tout le monde
se réclame, manifestants compris, pour jouer la fermeté. Ils ont été élus pour
faire barrage à Le Pen et pour appliquer un programme, alors vos gueules !
Les manifestants ukrainiens ou
libanais nous montrent la voie. Quant à l’alternative, elle reste à construire
et ne réside sûrement pas dans les élections de 2007 et l’alternance. On a déjà
donné !
GUERRE A
A grand renfort de propagande, dans les médias (affiches polluant nos rues, spots T.V., etc.), dans les écoles, partout, tout est fait pour nous persuader que « soldat est un métier comme les autres ». Cela fait froid dans le dos !
La figure du « soldat humanitaire » vient en remettre une couche. Décidément, ils ne reculent devant rien. Cela fait penser à l’image du pompier-pyromane. Après tout, balancer des sacs de riz entre deux bombardements peut s’avérer « humanitaire » d’un certain point de vue. Du nôtre, cela est terriblement cynique. Les pirouettes linguistiques comme celles-ci ou comme « frappes chirurgicales » ne sont que la forme qui ne saurait cacher le fond.
La guerre tue !
Sans blague, quitte à paraître neu-neu, nous devons redire que la guerre tue ! Et encore, si elle ne tuait que des professionnel-le-s de la mort, elle ne serait qu’un mal nécessaire. Le problème est que des civil-e-s sont touché-e-s, directement ou indirectement. La guerre s’alimente (du) et alimente (le) capitalisme. La preuve est faite – si cela était encore nécessaire – par toutes les technologies développées et essayées par le génie militaire (encore un oxymore).
Aujourd’hui, l’antimilitarisme se trouve coincé par l’argumentaire se voulant humaniste des fauxvrais-cons de tous poils. A nous de dénoncer les liens entre mort-guerre-capitalisme. La première victime de la guerre ne sont pas les élites mais le peuple. Les décideurs sont toujours à l’abri. Ainsi, Saddam Hussein n’a été capturé qu’après de longues années d’embargo, des mois de guerre, tuant des enfants par malnutrition ou manque de médicaments, des femmes et des hommes sous les bombardements et les « bavures » militaires.
Si on ajoute à cela
Le terrorisme au secours du
patriotisme
Le patriotisme ne faisant plus recette pour mobiliser, le terrorisme devient la grande cause de ralliement.
Aux Etats-Unis, les attentats du 11/09 ont donné carte blanche à l’obscurantiste Bush pour augmenter le budget de l’armée de 95 % durant son dernier mandat, tandis qu’il rognait allègrement sur celui de l’éducation. Intéressante coïncidence que ces vases communicants…
En France, la loi de programmation militaire 2003-2008, votée en 2002, prévoit une augmentation des dépenses d’équipement de 20 % en cinq ans (ce qui représente des milliards). De l’autre côté, il n’y a pas d’argent pour les services publics et les prestations sociales (retraites, sécu, RMI, etc.) ! On se fout de qui ?! On tente de faire peur à tout prix pour augmenter les derniers pouvoirs restants à l’Etat : la répression (police, armée, loi de prévention de la délinquance…), afin de le justifier. On contrôle les classes paupérisées (par ce même Etat) comme on peut. Si seulement les classes en danger pouvaient devenir dangereuses… pour le capitalisme, l’Etat, l’armée (qui ne font qu’un si on regarde bien).
Prochain rendez-vous annoncés :
l’Iran puis