Edito
Moins 375. Non, ce n’est pas
la baisse du nombre de tués sur les routes mais celle des postes dans
l’académie de Besançon. Lycéen, étudiant, tu comptais devenir prof, il est
encore temps de te recycler… Alors que le voile et la « défense » de la laïcité
font la Une des journaux, qui parle des coupes franches que le gouvernement
effectue dans le budget de l’Education nationale ? Pas assez Raccolleur sans doute…
LEVONS LE VOILE SUR LE RACISME,
LE SEXISME ET LA PAUVRETÉ
Le tapage médiatique au sujet de la nouvelle loi sur la laïcité, et en particulier sur l’interdiction du port du voile islamique à l’école, n’aura certainement pas manqué de vous faire réagir. Mais qu’en est-il ?
Tout d’abord le fait qu’une loi (celle de 1905) soit réaffirmée ne pose a priori pas de problèmes (ce n’est pas la première fois). Seulement, nous pouvons nous poser quelques questions sur le sens de cette loi.
Ne sommes-nous pas en train de sombrer dans une société policière qui légifère sur tout, avec son corollaire, les procès ?
La loi ne nous empêche-t-elle pas de nous confronter au réel des choses, à aller discuter avec ces filles et à batailler contre les intégrismes ?
Pourquoi est-ce un gouvernement réactionnaire comme celui-là qui prend, soi-disant, la défense de la laïcité ?
Un contexte économique et social :
L’émergence de ces pratiques extrémistes, surtout chez les jeunes, ne correspond-elle pas à un désespoir général et à une misère accrue ?
N’est-ce pas non plus une réponse radicale à l’émancipation des jeunes filles à travers des mouvements tel Ni pute, Ni soumise ?
C’est bien sur la misère sociale que se développent les pratiques identitaires et d’exclusion. A cette radicalisation s’oppose un racisme grandissant où finalement tout se mélange (à la veille d’élections, est-ce un hasard ?).
La religion a toujours joué un rôle de canalisateur des peurs et de la révolte des faibles, soit pour l’endormir, soit pour les diriger, voire les deux. Et c’est ce qui se passe dans les quartiers. Les jeunes sont pris entre la police et la religion. On peut ainsi voir le ministre de l’Intérieur se rendre au congrès des musulmans de France. Belle séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Le voile est aussi un signe politique :
Le voile islamique, puisque c’est lui qui fait débat, n’est pas une coutume ou un simple vêtement. C’est avant tout l’emblème d’un islamisme politique, une théologie politique, que l’on retrouve en Algérie avec le FIS, en Iran, en Afghanistan et dans tous les pays musulmans où les femmes doivent se battre contre l’imposition du voile.
Défendre le voile sur le registre de la liberté de choix est une fumisterie. Choisir une oppression et la revendiquer ? Nous choisissons de défendre l’émancipation des individus de toute croyance et de tout préjugé.
Pas de religion dans nos écoles !
Nous refusons de voir le religieux entrer dans les lieux publics, donc le voile n’a rien à faire à l’école. Mais nous refusons aussi qu’existent des aumôneries dans les lycées, des croix dans les écoles primaires. Nous nous élevons contre l’infiltration des religions à travers des soi-disant études sur l’histoire des religions.
Et la liberté de penser dans
tout ça ? Et l’athéisme ? Et le rationalisme ?
A la trappe !
Ceux qui pensent encore que l’école doit rester un lieu d’ouverture d’esprit et de formation d’individus libres et égaux ne peuvent tolérer cette montée en puissance des religions.
A nous de reprendre le
combat pour regagner cette bataille des consciences et faire en sorte que la
religion devienne un lointain souvenir d’une époque où l’on croyait à
l’infaillibilité du pape, où l’on croyait que c’était les patrons qui créaient
des emplois, où l’on croyait que voter pour des élus étaient faire valoir nos
droits, où l’on croyait que l’Etat nous défendait, où l’on croyait que le
capitalisme était indépassable, … Qu’est-ce qu’on était bête !