Editorial
Pour cette rentrée, nous nous
contenterons de vous donner deux rendez-vous : le repas de quartier du dimanche
28 septembre, place Marulaz, qui sera l’occasion de
rencontrer, outre le groupe Proudhon, de nombreuses autres associations ; le
deuxième rendez-vous s’adresse plus spécifiquement aux lycéens et étudiants : il
aura lieu le mercredi 5 novembre à la librairie, de 15 h à 19 h et permettra de
débattre de l’éducation et de présenter le mouvement anarchiste et le groupe
Proudhon de la Fédération anarchiste en particulier.
Non
à la politique antisociale du gouvernement !
Raffarin-
MEDEF, même combat
Tout le monde peut constater les nombreuses attaques du gouvernement sur nos acquis sociaux, souvent obtenus grâce à des luttes. Raffarin entreprend une véritable casse des services publics, après avoir mis des millions de personnes dans la rue avec sa désastreuse réforme sur les retraites. A tel point qu’on peut dire que ce que le patronat a rêvé, Raffarin le fait. Ainsi, tout en augmentant les budgets de la défense, de la justice et de l’intérieur, c’est-à-dire l’appareil répressif étatique, la droite baisse les crédits alloués à la culture, l’éducation nationale ou la santé.
Concernant justement la santé, les 15 000 morts de cet été ont rappelé d’une façon cuisante les conséquences du manque de moyens dans ce secteur. Et Mattéi, ministre de la santé, annonçant la mise à disposition d’un numéro vert alors qu’il était en vacances, illustre bien le mépris et le cynisme de nos dirigeants quant à nos vies…
Les
mesures de Ferry dans l’éducation nationale
Dans l’éducation nationale, on observe également des régressions notables. Ainsi le budget 2004 est insuffisant, et le budget 2005 est déjà menacé.
Par exemple, dans l’enseignement secondaire, 25 600 surveillants et aides- éducateurs seront remplacés par seulement 20 000 assistants d’éducation. D’ailleurs, ces derniers travailleront plus de temps et gagneront moins, tout en assumant les mêmes fonctions que leurs collègues.
On peut aussi parler de la remise en cause du collège unique, qui avait le mérite de dispenser à tous les élèves d’une classe d’âge le même enseignement. En effet, des classes en alternance orienteront dès la quatrième un grand nombre d’élèves vers la voie professionnelle.
Il y a également la régionalisation, qui accroîtra les inégalités dans l’éducation nationale : l’état se désengage pour économiser de l’argent et fait subir les coûts de cette mesure aux régions, qui sont loin d’être égales entre elles quant aux rentrées d’argent.
Enfin, il y a le plan LMD (licence, master, doctorat) ou 3 5 8 qui rendra progressivement caduc le DEUG et la maîtrise. En prétendant harmoniser par ce biais les diplômes européens, cette réforme consiste en une soumission aux lois du marché par la préparation d’une main-d’œuvre à un niveau européen. Surtout, cette réforme incitera les étudiants les plus démunis à entreprendre des études plus courtes.
Le plan LMD accentuera la concurrence entre les facultés, la disparition des filières jugées non- rentables (psychologie, philosophie ou théâtre par exemple) et des « petites » universités de moins de 15 000 étudiants : cela renforcera évidemment l’aspect élitiste de l’enseignement dit supérieur.
La
politique anti- jeunes du gouvernement
Plus généralement, le gouvernement veut faire passer des mesures qui aggraveront les conditions de vie des jeunes. Même si ces mesures sont actuellement suspendues, environ 200 000 étudiants risquent de subir une baisse notable de leur allocations- logement, pour l’essentiel des étudiants-salariés. Cela rapporterait seulement 90 millions d’euros dans les caisses de l’état, et briserait encore plus la mythique et fausse égalité des chances scolaire, déjà amoindrie par la disparition du statut de MI-SE (= les surveillants).
En outre, les droits d’inscription pour la faculté ont augmenté de 3 % à 5 %, les tickets de restaurant universitaire de 4 % et les cotisations de la sécurité étudiante de 1,7 %.
On pourrait également parler des récentes lois sécuritaires et liberticides, qui risquent d’être appliquées contre les mouvements sociaux mais aussi contre les jeunes ( interdiction des attroupements en bas des immeubles ou des occupations revendicatives de lieux privés par exemple).
Il est donc temps que les lycéens, les étudiants et tous les personnels de l’éducation nationale (professeurs, instituteurs, surveillants, assistants d’éducation, ATOSS, etc.) se rassemblent et luttent ensemble contre ces mesures iniques.