Editorial
Ce numéro de la Mauvaise
graine sera le dernier pour l’année scolaire en cours et voilà 3 ans que
le groupe Proudhon diffuse cette feuille sur facs et lycées. Nous vous donnons
rendez-vous à la rentrée prochaine. Mais d’ici là, celles et ceux que La Mauvaise
graine aura intéressé(e)s peuvent nous rendre visite à
la librairie l’Autodidacte qui sera ouverte au moins le samedi pendant tout
l’été, pour discuter, s’informer sur le mouvement anarchiste et pourquoi pas
pour s’investir dans la nouvelle série qui sortira dès la rentrée prochaine.
Grève
générale !
Ces derniers mois ont été riches en mouvements sociaux, à commencer par le mouvements des emplois jeunes dont les postes n’ont pas été pérennisés et qui seront au chômage dès septembre 2003, ou celui des surveillants qui seront remplacés à la rentrée par des assistants d’éducation qui travailleront plus pour un salaire moindre. Du mois d’octobre au mois de mars, les grèves reconductibles se sont enchaînées pour ces deux catégories. De leur côté, les conseillers d’orientation, les psychologues et les infirmières scolaires manifestèrent eux aussi contre la régionalisation annoncée par le gouvernement.
Il ne faut pas oublier non plus les grèves entreprises par les routiers qui furent sévèrement réprimées avec la confiscation de leur permis de conduire.
L’absence d’entente entre les syndicats et le corporatisme ont décrédibilisé les luttes. C’est pourquoi, malgré l’ampleur des mobilisations, le gouvernement est resté figé sur ses positions et est demeuré sourd aux revendications populaires. L’Etat profite donc des divisions pour consolider son règne.
Cependant, la lutte des femmes de ménage de la chaîne d’hôtels Accor a abouti, après plus d’un an, à quelques avancées sociales. Ceci est d’autant plus remarquable que ce sont principalement des femmes étrangères qui ne maîtrisent pas totalement le français. Leur détermination a été la plus forte.
Aujourd’hui, le service public, mais aussi le privé, sont à nouveau dans la rue : d’une part, la décentralisation menace les statuts des certains personnels non-enseignants de l’Education nationale (conseillers d’orientation, infirmières, ATOSS…). Chaque région finançant ces nouveaux postes selon ses priorités, la qualité des services s’en trouvera amoindrie et inégalitaire et, du même coup, l’Etat se délestera de ces charges salariales.
D’autre part, la réforme des retraites inquiète une grande partie de la population, « la France-d’en-bas », qui voit ses futures pensions diminuer, contrairement aux années de cotisations qui, elles, ne cessent d’augmenter.
Le gouvernement pense calmer la population en lui proposant l’épargne salariale, sorte de fonds de pension « à la française ». Mais les seuls qui sont rassurés sont les plus riches. En effet, ils sont les seuls à pouvoir se permettre ce système complémentaire.
Parallèlement, la multiplication des plans sociaux (Métaleurope, Alsthom, F.C.I., SM2E…) attise la colère des salariés et les réformes prévues dans le domaine de l’éducation ne sont pas vues d’un bon œil.
En bref, le climat économique et social est très favorable pour entamer une grève générale.
Nous, anarchistes, sommes de toutes ces luttes, car nous pensons que c’est dans la rue que les acquis sociaux s’obtiennent et se défendent.
Dans l’immédiat, nous réclamons 37,5 annuités pour tous, public comme privé, et donc l’abrogation des décrets Balladur.
Bien entendu, nos revendications ne s’arrêtent pas là. Nous œuvrons pour une réelle amélioration des conditions de vie et de travail, qui passe par l’abolition du salariat et du système capitaliste.
En effet, il semble difficile de penser pouvoir mener une vie décente tant que subsistera l’exploitation de l’Homme par l’Homme.
Et c’est en socialisant les richesses que nous arriverons à nos fins.