Editorial

 

Quoi de neuf pour les pions et les aide-éducateurs ? En grève depuis janvier pour protester contre le projet d’assistants d’éducation, et ce au niveau national, personne ne parle d’eux… Les médias font l’impasse sur le sujet, le rectorat tente de rassurer les surveillants, leur assurant qu’ils ne sont pas menacés par cette réforme et le gouvernement fait comme si de rien n’était. Il pense faire voter bien tranquillement son projet à l’Assemblée nationale, le 18 mars prochain.

Rendez-vous chaque mercredi à 14 h, salle David (11, rue Battant) pour l’AG du collectif MI/SE/AE.

 

Quelle connerie la guerre !

(Jacques Prévert)

 

Du Bien et du Mal

Depuis le 11 septembre 2001, les médias ont installé un climat de tension qui permet de justifier toutes les politiques belliqueuses et sécuritaires des États-Unis et des autres pays soit disant « menacés par le terrorisme international ».

C'est donc le grand retour des croisades contre les forces du Mal, incarnées par les Ben Laden et autres Saddam Hussein. Et, après l'Afghanistan, les États-Unis veulent maintenant lancer leur troupes contre le vieil ennemi irakien.

La guerre contre l'Irak

Tout d'abord, il convient de faire un petit rappel sur la première guerre du Golfe. Celle-ci ayant bénéficié d'une propagande éhontée et d'une large campagne de désinformation, plusieurs faits incontestables prouvent que l'Occident est prêt à tout pour contrôler le Moyen-Orient.

Il est important de noter que Saddam Hussein et son armée ont bénéficié des armes américaines pendant la guerre contre l'Iran, car ils constituaient un rempart contre l'islamisme et l'antiaméricanisme des mollahs iraniens, également facteurs de déstabilisation dans la région. A cela, il faut ajouter que, après de multiples enquêtes, il s'est avéré que les USA avaient menti à l'Arabie Saoudite, prétendant que les irakiens préparaient une invasion de leur territoire. Ils ont pu ainsi y installer de nombreuses bases militaires dont beaucoup sont toujours en place aujourd'hui.

Après l’opération « Tempête du désert » menée tambour battant par les armées « alliées », les USA et le reste de la coalition n'ont pas jugé bon de mettre un terme à la dictature de Saddam Hussein. Au contraire, ils ont préféré négocier avec l'armée irakienne pour leur permettre de mater les révoltes populaires naissant dans la région de l'Irak. Hussein a donc une fois de plus servi à stabiliser dans le sang le Moyen-Orient et ses gigantesques réserves de pétrole tout en servant d'épouvantail pour effrayer ses voisins.

La suite est connue de tous, plus de dix ans d'embargo sur tous les produits vitaux (nourriture, médicaments…) affaiblissant la population pour mieux la jeter dans les bras de son dictateur, toujours en place.

Aujourd'hui, la mode est à la « guerre préventive ». La propagande du gouvernement américain (aidé par le Royaume-Uni) tente de convaincre le monde entier du danger potentiel de l'Irak. Mais, même si l'armée irakienne possédait des armes de destruction massive, il paraît peu probable qu’elle puisse s'en servir contre quiconque (cf. situation économique et géostratégique).

Quels sont les motifs réels de cette guerre ?

Derrière chaque guerre, des motifs inavoués

Si les USA brandissent l'étendard de la démocratie pour justifier leur attitude guerrière, il faut garder à l'esprit que ce n'est que de la propagande et des faux-semblants (la démocratie aurait pu être rétablie en 1991).

En effet, l'Irak possède une grande partie de la production mondiale de pétrole. Renverser S. Hussein et le remplacer par un de leur pion permettrait aux Américains le contrôle de cette ressource fondamentale.

De plus, l'hégémonie américaine sur une telle partie du globe ouvrirait de nouveaux marchés pour leurs firmes ; n'oublions pas que l'économie américaine n'est pas florissante depuis quelques temps. La logique marchande est donc la cause principale du comportement de ceux qui veulent s'attaquer à l'Irak.

Toutefois, les questions géostratégiques poussent également les USA à entrer en guerre, ces derniers pouvant ainsi renforcer leur implantation au Moyen-Orient. Mais, gardons à l'esprit que la France fait de même en Côte-d'Ivoire sous couvert d'une force d'interposition et que l'Europe rentrerait probablement en guerre contre l'Irak si la part du gâteau en valait la peine. Chaque conflit est le fruit de calculs politico-économiques qui profitent toujours aux puissants (États, multinationales…) et font souffrir les populations.

C'est pourquoi, nous, anarchistes, nous opposons à toutes les guerres, quelles qu'elles soient et quels qu'en soient les prétextes.