Editorial
Les troupes américaines s’amassent dans les bases autour de l’Irak. L’opposition de la France à une guerre en Irak devient de moins en moins ferme. Un veto à l’ONU ? On va voir ! Ne parlons pas de l’Angleterre et de l’Italie, toujours prêtes à servir les intérêts de la classe dirigeante américaine. Il y a dix ans que la population de l’Irak (pas la classe dirigeante) vit la famine, la destruction et la mort. Pour quoi, pour qui ? Parce que l’Amérique a décidé de contrôler les matières premières, parce que pour pouvoir le faire, il leur faut des bases militaires dans cette partie du monde., parce que les états « démocratiques » occidentaux basent leur bien-être sur l’exploitation et la terreur à l’intérieur comme à l’extérieur. Seuls notre force et notre mobilisation pourront empêcher une nouvelle guerre en Irak. On ne peut rien ? Souvenez-vous du Vietnam !
Non à
l’édu-carcération !
On savait la droite répressive, légèrement paranoïaque, en tous cas populiste : anti-tout ce qui n’est pas comme eux, la voilà qui dégaine son arsenal de lois pour combattre la violence à l’école.
Au menu, grilles d’accès, vidéo-surveillance, contrôle accru des élèves, menaces de répression financière auprès des parents, voire d’enfermement, descentes de police, opérations coup de poing anti-drogue…
Les Aides-Educateurs et les surveillants seront remplacés par on ne sait quel corps composé. Les classes adaptées tendent à disparaître. L’innovation scolaire a fait long feu.
Ce n’est pas encore les centres fermés, mais on y arrive !
Un tel déploiement de force pour qui ? pourquoi ?
Les jeunes, des adolescents en plein développement émotionnel, affectif, social, politique, sont taxés de tous les maux de la société.
A des individus, légalement, financièrement, socialement non responsables, on voudrait apporter des réponses législatives et policières qui en font des délinquants devant endosser la responsabilité de leurs « crimes » : être des jeunes irresponsables, ne pas être des adultes et faire des conneries de jeunes.
Si cela ne suffit pas : moralisation des parents, enfermement, mise sous tutelle, suivi individuel…
L’école, un espace de vie sociale
Le projet de société des politiques reste de faire de l’école un lieu « neutre », décontextualisé, loin des remous sociaux.
Si elle s’ouvre, c’est aux entreprises (stages dès le collège), à l’armée ou sur une vie de quartier folklorique, aseptisée, où tout le monde il est gentil même si c’est pas facile tous les jours.
D’ailleurs, ce n’est pas facile tous les jours au point que la misère et la violence sociale débordent des quartiers. C’est plus qu’il n’en faut !
En fait de neutralité, l’école joue un rôle de formatage citoyen (et vive la marseillaise), de sélection sociale et d’exclusion des classes populaires.
Dès lors, le jeune issu de ces classes populaires se voit rejeté, mis au banc des accusés, en tant que révélateur d’un malaise social, associé à son propre malaise d’adolescent en devenir.
Violence de l’institution
Certes, la violence en milieu scolaire augmente, mais où en est la cause ?
Plutôt que de voir l’œuvre de dangereux criminels que seraient devenus tous les jeunes (enfin surtout ceux issus des classes populaires, des quartiers comme on dit), ne faudrait-il pas se poser la question de la violence que subissent les jeunes dans les institutions : violence morale, parfois physique.
La perspective de l’échec répétée en ligne de mire, la mise à l’index et la disqualification des aînés (parents peu ou prou lettrés, frères et sœurs brisés, …), le chômage assuré ou, au mieux, la démerde intérimaire. C’est ça la société que l’on nous propose (que l’on nous impose).
A cela, il faut ajouter la question des rapports de domination prof/élève, la compétition entretenue, la soumission aux horaires et aux contraintes administratives, jamais discutées, la déresponsabilisation savamment mise en œuvre.
Nous sommes loin des faits divers dont se nourrissent les journalistes et qui servent de prétexte à la mise ne place d’un société policée, policière.
Etudiants,
lycéens, collégiens, vous avez combattu le fascisme dans la rue, contre vos
parents.
Ne
vous laissez pas enfermer par ceux qu’ils ont élus !