Editorial
15 novembre : un juge calabrais (Sud de l’Italie) décide
d’arrêter 20 personnes. Le dossier de 1 000 pages monté par la police italienne
est pourtant vide. L’inculpation est
basée sur un article du code Rocco (fasciste). Ces personnes sont accusées
d’empêcher le travail du gouvernement et de l’industrie : ils ont osé, à
Naples, Gênes et Florence, dire non à la mondialisation capitaliste. Délit
d’opinion donc ! En Italie, avec les lois spéciales en vigueur depuis les
années 70, tout est possible. Mais attention, ici on commence à jouer la même
musique et quand le concert sera en scène, il sera difficile de changer les
partitions !
MI/SE, étudiants, ils
veulent nous virer !
L’emploi de surveillant à été crée en 1936, à la suite de grands mouvements de grève : c’est un emploi social. Son but premier est de permettre aux étudiants des classes populaires de pouvoir accéder à des études du second degré tout en s’assumant financièrement. De plus, pour certains, c’est une prise de contact avec le métier de professeur ainsi qu’avec l’Education nationale. Effectivement, une partie des surveillants se destine à l’enseignement.
Pour poursuivre leurs études, le temps de travail des surveillants est (théoriquement) aménagé (28 h, 31 h ou 34 h suivant leur statut). De plus, ils doivent (théoriquement) pouvoir travailler leurs cours lorsqu’ils sont en poste. Ainsi, les pions peuvent poursuivre leur scolarité et suivre leurs cours assez aisément.
Les surveillants, avant leurs tâches administratives, assument un rôle éducatif et de liaison au sein de l’établissement ; effectivement, grâce à la proximité de l’âge, ils peuvent tisser des liens privilégiés avec les élèves et ainsi désamorcer des conflits, aider certains dans leurs devoirs pendant les heures d’études… Puis, dans un second temps, permettre une liaison plus facile entre élèves et professeurs. De plus, pour certains élèves, l’emploi de surveillant peut devenir une perspective pour accéder à des études supérieures.
II) Quelles réformes
sont engagées ?
Aujourd’hui, plusieurs mesures sont engagés à l’encontre les surveillants ; mais avant tout contre l’égalité d’accès pour tous aux études supérieures. La réforme Ferry propose :
– une suppression de 5 600 postes de surveillants et de 20 000 postes d’aides éducateurs ;
– leur remplacement par 11 000 assistants d’éducation ;
– un changement de statut de travail (baisse des salaires et augmentation du temps de travail) ;
– un changement de mission (plus de secrétariat et moins d’éducatif. A long terme, la disparition des secrétaires ?).
Mais heureusement, pour palier à tous ces manques postes, le ministère à trouvé de nombreuses solutions :
– remplacer les surveillants par des caméras de vidéo-surveillance (Le Monde du 28/11) ;
– placer des clôtures autour des établissements (Le Monde du 28/11) ;
– obligation pour élèves et professeurs de passer sous un portail électronique pour pouvoir pénétrer au sein des établissements (Le Monde du 28/11) ;
– chaque élève se verra attribuer un code barre (l’homme marchandise) que les professeurs valideront pour certifier la présence de l’élève en cours (ces systèmes existent déjà dans certains établissements) ;
– employer des compagnies privées de surveillance pour placer des vigiles dans les cours de récréation (cela existe déjà dans certaines banlieues, dont Créteil).
Enfin, l’Etat réalise son grand rêve en nous conditionnant à vivre chaque jour derrière les barreaux : instituer la prison à vie grâce à l’école.
De plus, nous allons assister à une paupérisation des étudiants (population qui vit la plus en dessous du seuil de pauvreté en France) qui espéraient occuper un poste de surveillant. Effectivement, ceux-ci devront accepter des petits boulots comme distributeurs, employés de fast-food… Ajoutons à cela la difficulté d’accès aux facultés à cause d’horaires de travail et de payes instables, et nous obtenons une nouvelle forme de ségrégation sociale des étudiants.
De plus, Ferry, ministre de l’éducation, impose une nouvelle réforme des facultés :
– obligation pour tous les étudiants, salariés ou non, d’assister aux contrôles continus (mesure qui permet aux étudiants salariés de ne pas avoir à assister à tous les cours et examens de milieu de semestre) ;
– partenariat des facultés avec les entreprises (fin de l’objectivité des enseignements, cours orientés en fonctions des besoins des entreprises) ;
– régionalisation des diplômes et des enseignements (plus aucune mobilité ni possibilité de réorientation) ;
– augmentation des droits d’inscription (multiplication par 5 voire plus) ;
– changement des durées de cycles et suppression de certains diplômes.
Bref nous pouvons saluer le retour du plan « U3M » qui avait partiellement échoué quelques années auparavant grâce à une mobilisation des étudiants…
La conclusion ? Elle nous appartient…