A
l’occasion de plusieurs matchs de foot (France-Algérie, Bastia-Lorient), la
Marseillaise a été sifflée. Cela a déclenché la colère et l’indignation de
plusieurs hommes politiques français, Chirac en tête.
Pour les anarchistes, pacifistes et antifascistes convaincus, détester ce chant puant de xénophobie et de nationalisme est plutôt une preuve de bon sens politique.
Qu’est-ce qu’une
drogue ?
Selon la définition de l’OMS, la drogue se définit selon 3 critères : la dépendance, la tolérance et la nocivité.
Du coup beaucoup de produits courants sont assimilables à des drogues (café, médicaments, télé, sport, etc.).
L’utilisation de drogues fait partie de tout fonctionnement social, que ce soit pour s’évader des réalités contraignantes et opprimantes, que ce soit pour se rassembler autour de fêtes ou de moments initiatiques (sa première cuite, sa première cigarette, son premier joint) ou que ce soit pour se surpasser, être plus performant.
La question n’est donc pas de savoir ce qui est le plus nocif mais de comprendre que le phénomène des drogues est inhérent à toute société.
Quelle politique
?
La seule question est donc le mode de gestion de ces prises de risques, de ces échappées. Faut-il criminaliser et conduire les usagers de drogues illicites à la délinquance, la prison et la mort ? ou faut-il décriminaliser ? (on ne parle pas de légalisation gérée par l’état – une vraie mafia officielle– mais d’autoproduction et d’arrêts des poursuites).
Certaines drogues sont légalisées, autorisées voire valorisées : les cachets antidépresseurs, les pilules qui font dormir, qui stimulent, le dopage (même si on commence à le condamner), etc.
Il est intéressant de voir que ces drogues répondent aux besoins de la société capitaliste alors que les drogues illicites sont jugées anti-productives !
En ce qui concerne les questions des drogues dures (héroïne, cocaïne), les produits de substitution et les programmes de soin sont régimentés par des industries pharmaceutiques pour qui seuls les profits comptent. Exit la réflexion sur les conditions de vie et l’environnement social.
Nous touchons là à une question centrale, à savoir la question du modèle de société proposé – en l’occurrence, nous vivons dans une société capitaliste – et des gains financiers liés au commerce illicite des drogues dont jouissent les états, certains politiciens et patrons.
La criminalisation de la drogue et de ses usagers sert un autre dessein : le combat contre les classes populaires les plus fragilisées, contre les militants sociaux, contre les libertés civiles par le flicage systématique et l’adoption de lois d’exception, qui n’ont d’exceptionnelles que le nom tant elles sont dans la lignée des multiples réformes liberticides que nous avons connues.
Le système de dépénalisation de l’usage des drogues vient aussi s’associer à un discours général, politique, de reprise en main de sa vie, de refus de la marchandisation des rapports humains et de refus de voir des politiciens décider pour nous de ce qui est bon.