Editorial

 

Qu’importe qui gagne - toi, tu perds !  16 candidats : victoire de la démocratie ? c’est trop ? trop de trotskistes ? Le Pen aura-t-il ses signatures ? Jospin est-il socialiste ? Qui sera le troisième homme ? C'est avec ces questions qu’on nous a abreuvés.

Une seule certitude : Tous dénoncent l’insécurité et se proposent et d’affermir les politiques sécuritaires et liberticides chères à l’extrême droite. Résultat : une lepénisation des esprits et Le Pen au second tour. Le bulletin suffira-t-il dans cette guerre ? A toi de voir !

 

 

La lutte féministe

 

Les conquêtes que les femmes ont obtenues avec leur lutte sont toutes récentes (avortement, contraception, droit à l’école) et pourtant la nouvelle génération de femmes les considère comme des acquis de toujours et intouchables.

La lutte des femmes s’essouffle. Mener de front le travail, le couple, les enfants et la maison fait du militantisme un marathon. De plus, avec la prise en compte d’une certaine attitude masculine qu’elle a toujours critiquée, la femme oublie qu’elle a aussi des valeurs positives à défendre (faire le militaire ne met pas en discussion l’utilité d’une armée). Cet état de fait lui fait perdre le potentiel de mise en discussion réel de la société dans sa globalité qui a constitué un des points de lutte des années 70.

L’organisation que les femmes avaient mise en place pour leur lutte quotidienne impliquait une militance active. Aujourd’hui presque toutes ces organisations sont reconnues, institutionnalisées et ne semblent plus avoir besoin d’être soutenues ou défendues. Le mouvement féministe a perdu de sa combativité.

Pourtant aujourd’hui en France, tous les 15 jours, 3 femmes meurent, victimes de violences masculines dans leur famille.

Dans les pays où les pouvoirs religieux gouvernent, les femmes n’ont aucun droit (lapidation, emprisonnement, etc.).

La société patriarcale et la domination masculine sont loin d’être vaincues. La lutte des femmes est toujours d’actualité.

En Argentine, ce sont les mères de la place de mai qui ont été capables de tenir tête à la dictature.

En Afghanistan, ce sont les femmes qui ont risquer leur vie en créant des écoles pou filles dans un pays où elles n’avaient que le droit de mourir.

En Israël, ce sont encore des femmes qui s’assemblent pour reconstruire des maisons détruites par l’armée et qui s’opposent à la logique meurtrière de leur état.

La liste des actions des femmes dans le monde serait longue. Aussi on voit renaître aujourd’hui en France de groupes de jeunes militantes qui prennent la relève et donnent un souffle nouveau à la lutte, ce qui démontre une nouvelle prise de conscience sur les problèmes qui persistent dans notre société et sur la nécessité d’un militantisme actif pour avancer.

Cette lutte continuera jusqu’à l’extinction du patriarcat et la création d’une société sans pouvoir, pour une humanité libre et égale.

La lutte des femmes contribue à l’émancipation de l’humanité tout entière.