Editorial

 

« La justice française est une justice à deux vitesses ». Je suis sûr que vous vous vous dites déjà : ça y est, revoilà les anars avec leur justice de classe et tout ce qui va avec, ils commencent à se répéter un peu ! Mais regardez bien, vous ne voyez pas qu’il y a des guillemets. C’est donc une citation. Mais de qui ? Je vous le donne en mille, l’auteur de cette phrase n’est autre qu’un certain Jean-Luc Halphen. Hé oui ! le juge Halphen (affaire des HLM de Paris…) a fait cette déclaration en annonçant sa démission de la magistrature, le motif principal résidant dans le fait qu’il pense avoir été empêché de mener sa dernière enquête mettant en cause Chirac. Avouez qu’on ne peut pas soupçonner Halphen d’être un fieffé gauchiste. Alors je ne peux résister au plaisir de vous répéter cette petite phrase : « la justice française est une justice à deux vitesses ». C’est pas moi qui le dit ! C’est un magistrat ! A méditer !

 

 

Tous en liberté surveillée

 

À la suite des attentats du 11 septembre, les gouvernements des divers pays en ont profité pour faire passer toute une série de lois sécuritaires et ce, au nom de la lutte contre le terrorisme.

 

Quand les lois d’exception s’installent

En France, les lois sur la sécurité quotidienne (LSQ) traitent pêle-mêle des infractions routières, du contrôle des télécommunications et d’Internet, des fouilles, de la possession d’armes, de la répression des fraudes dans les transports publics.

 

Qu’en est-il dans les faits ?

Les pouvoirs de la police sont accrus. Elle peut désormais fouiller les voitures sans la présence des propriétaires, de même pour les logements. Les télécommunications sont mises à sa disposition durant un délais prolongé. Les vigiles peuvent effectuer des fouilles à l’entrée des bâtiments publics et des magasins. La lutte contre l’immigration clandestine s’accentue et les transports publics sont sous haute surveillance avec des peines de prison ferme pour les fraudeurs récidivistes. Les juges et les policiers peuvent poursuivre et arrêter des personnes dans toute l’Europe avec la création d’un fichier spécial des ennemis à abattre.

 

L’état policier nous menace

La lutte contre le terrorisme n’est qu’un prétexte dans la criminalisation des mouvements sociaux. Les manifestations et occupations de bâtiments publics ou d’usines seront assimilables à des actes terroristes visant à porter atteinte à l’économie du pays et jugés comme tels. De là à interdire tout rassemblement comme c’est déjà le cas pour les halls d’immeubles, il n’y a qu’un pas.

Peu de temps après les attentats, lorsqu’il était de bon ton de se déclarer tous américains, les médias commençaient déjà à assimiler les mouvements anti-mondialisation et les mouvements terroristes sous une même étiquette d’anti-américanisme « primaire ». Et en avant pour le patriotisme économique des Jospin and co.

 

Sécuritaire versus libertaire

Ce n’est pas tout, depuis quelques années, et d’autant plus ces derniers temps, veille d’élections, le discours sur l’insécurité refait surface de façon omniprésente. Nous vivons en état de danger permanent, paraît-il.

Alors pour remédier à cela : la répression !

Vidéosurveillance, augmentation des moyens de la police, îlotage, recrutement de diverses forces de contrôle, discours sur la citoyenneté à l’école, propagande diffuse… tout est bon pour nous surveiller !

Mais si l’on a rien à se reprocher, disent certains…

Là n’est pas la question ! Il s’agit de savoir quel est notre projet de société. Soit une société lisse, policée, qui cache ses problèmes, les étouffe, soit une société ouverte qui prend acte des inégalités sociales et qui met tout en œuvre pour y remédier. Reste à savoir si vous voulez vivre à genoux ou debout. Pour notre part, le choix est fait.

Briseurs de rêves – casseurs de vie. A bas les politiciens et les patrons !