Campagne pour la gratuité des transports : La
gratuité que nous revendiquons n’est pas une fin en soi, mais elle vise à
rompre avec la société marchande dans le but de se réapproprier nos moyens
d’existence, notre cadre de vie et la liberté de circuler.
Nous luttons pour : la gratuité pour toutes et tous, l’abandon immédiat de tout contrôle, amende et poursuite – le financement de l’ensemble des transports collectifs par les entreprises, les collectivités locales et régionale, l’impôt sur la fortune, les centres commerciaux – la mise en place d’une véri-table politique des transports collectifs qui ne vise à la rentabilité économique mais à la satisfaction des besoins de toutes et tous dans le respect de l’environnement – l’arrêt de l’agression publicitaire dans les transports publics – la gestion directe et collective par les usagers et les employés qui permette entre autre de questionner l’utilité sociale du travail.
Depuis deux mois, l’état de guerre a été décrété par le gouvernement américain à la suite des attentats du World Trade Center.
Il est intéressant de rappeler que Ben Laden, ainsi que son ex-opposant afghan aujourd’hui mort, le général Massoud (un peu moins intégriste), ont tous deux été élèves de la CIA dans les années 80.
Ces derniers ont été formés puis armés par la CIA pour combattre les soviétiques et les expulser d’Afghanistan. Mais ensuite, ces deux illuminés, inspirés par Dieu, ont continué leur combat.
Cette guerre a été présentée comme un conflit aux facettes multiples, tout autant que celle du Kosovo en 1999 ou celle du Golfe en 1991. Elle est à la fois humanitaire : délivrer un peuple opprimé par une dictature ou une armée locale en ébullition… à grand renfort de bombes (chargées d’uranium appauvri), à la fois vengeresse : les Etats-Unis veulent, par ce conflit, réaffirmer leur rôle de gendarmes du monde, mais aussi empêcher ces aliénés de tenter de nouveaux exploits, soit à l’aide de bombes achetées sur le marché mondial des armes, soit grâce à de généreux kamikazes qui n’hésiteront pas à sacrifier leur vie pour une cause quelconque.
Il ne faut pas oublier de remercier les médias de grande diffusion, sans qui tout cela n’aurait pas été possible. En effet, pendant quinze jours, nous avons été abreuvés d’images choc : deux tours qui tombent, des victimes US qui ne demandent qu’une seule chose, vengeance (même si des collectifs anti-guerre existent aux USA) et bien sûr des islamistes (inutile de préciser intégristes. Un musulman est forcément fondamentaliste dans le contexte actuel) qui célèbrent la symbolique chute des deux tours.
A ce sujet, après s’être aperçus que les bases de lancements proches de l’Afghanistan, donc en pays musulmans, seront nécessaires pour bombarder les « cibles stratégiques », les diverses chaînes TV, à l’appel de leurs gouvernements respectifs, se sont résolues à différencier le bon du mauvais musulman ; et cela en nous ressortant le cliché du jeune beur (un beur est forcément musulman) devenu éducateur dans sa cité.
Cette réalité est tout autre lorsque les caméras ne tournent plus. Il importe peu à un militaire ou un PDG de tuer des êtres humains ou de détruire une école, du moment qu’il obéit à la logique soit de soumission, soit du fric. En l’occurrence, l’ordre de « nettoyer » l’Afghanistan doit permettre à la plus grosse multinationale pétrolière, Repsol, d’implanter un oléoduc lui permettant d’amener le pétrole de l’intérieur de l’Asie centrale jusqu’à l’Océan indien d’où il devrait être convoyé par bateaux. Effectivement, entre plusieurs tonnes de chair humaine inerte et plusieurs milliards de dollars, le choix est vite fait. Tout dépend du point de vue.
Les gouvernement présentent des projets d’interventions rapides et efficaces, mais les frappes chirurgicales se terminent souvent en dégâts collatéraux. Alors que les cibles sont censées être repérées au préalable par satellites, les bombes confondent régulièrement écoles, hôpitaux, bases militaires…, l’erreur est humaine. On peut douter de la réelle efficacité des frappes lorsque l’on voit une telle dégradation des conditions sanitaires des afghans (exode, famine, maladie…), mais aussi que la liberté d’expression et les droits des femmes ne s’améliorent pas après ces interventions.
D’un point de vue local, le délire ultra-sécuritaire prend une nouvelle ampleur. En effet, la commission des communautés européennes a publié une proposition « relative à la lutte contre le terrorisme ». En résumé, il s’agit de traiter en terroriste, et selon les dispositions judiciaires anti-terroristes d’exception, toute espèce d’action contestataire (manifestations, grèves…). Demain, faire grève pourra être considéré comme une agression terroriste contre l’Etat.
Mais rassurez-vous, lorsqu’un policier vous tabassera, il le fera pour le bien de la société (le vôtre).
Nous exigeons l’arrêt immédiat des bombardements.
Nous exigeons que le droit d’asile soit accordé à tous les afghans qui le désirent.
Nous refusons que la CIA et autres organisations d’Etat soutiennent dictatures et armées de libération, quels que soient leurs buts (telle l’UCK, une armée nationaliste qui refuse aujourd’hui de déposer les armes et continue à massacrer ses opposants).