Editorial

 

Encore un nouveau coup dur pour l’éducation, puisqu’un rapport inquiétant vient de paraître. Celui-ci remet en cause de nombreux acquis tels que les diplômes nationaux, les bourses et la gratuité de l’enseignement universitaire. Ce texte poursuit la logique de rentabilisation de l’éducation et pourrait permettre aux entreprises d’avoir une réelle emprise sur les établissements scolaires.

Nous devons faire comprendre aux technocrates et aux élus que notre éducation n’est pas une marchandise et que nous ne resterons pas inactifs devant le pourrissement de notre système éducatif. Seule la lutte paie !

 

Spezzano Albanese

Une expérience communaliste libertaire

Naissance de la FMB de Spezzano Albanese

 

Spezzano Albanese est une ville de Calabre (Sud de l’Italie) d’environ 10 000 habitants où les activités sont principalement liées à l’agriculture et au tertiaire, le travail au noir y est aussi très répandu et le taux de chômage très élevé. La Fédération municipale de base (FMB) est la résultante d’une présence anarchiste très enracinée sur le territoire depuis le début des années 70. A cette époque, la mairie était gérée par les communistes qui usaient allègrement de la corruption, du vol et du clientélisme. De plus, ceux-ci réprimaient fortement les anarchistes qui tentaient de favoriser la création de structures de base regroupant toutes les classes de la population réunies au sein de l’USZ (union syndicale de zone). Malheureusement, les efforts de la mairie firent imploser cette première tentative d’organisation libertaire. Ce n’est qu’en 1992, année où la mairie communiste fut décapitée par la magistrature, que les compagnons anarchistes et les habitants vont être amenés à créer la FMB. Elle s’est constituée après de nombreuses discussions et représente actuellement un contre-pouvoir et une alternative autogestionnaire constituant un germe d’auto-organisation face à la gestion institutionnelle et verticale du territoire et du social.

 

COMMENT ET AVEC QUI FONCTIONNE LA FMB

L’adhésion à la FMB ne se fait pas sur la base d’une idéologie politique spécifique, sur l’origine, le sexe, la religion, une vision philosophique, mais comme travailleurs, chômeurs, étudiants, retraités et citoyens. La seule exigence est celle de l’acceptation des méthodes libertaires et de la praxis autogestionnaire. La FMB n’est en aucun cas un parti et elle ne présente pas de liste aux élections municipales. La fédération est divisée en unions professionnelles qui agissent sur le monde du travail et en union civique qui travaille sur les problématiques territoriales comme l’urbanisme, l’environnement, les services, etc. Sur toutes ces problématiques, les unions de la FMB discutent publiquement en assemblées qui débouchent sur des propositions dont doivent tenir compte, qu’ils le veuillent ou non, les élus.

La FMB étant une structure autogérée, elle n’a pas d’organismes dirigeants. Les décisions y sont prises de manière autonome dans les assemblées de chacune des unions. L’assemblée générale des membres de la FMB a lieu une fois par an. Elle discute et coordonne les décisions déjà prises dans les unions professionnelles et dans l’union civique. Elle élit un comité exécutif qui a pour charge de coordonner et exécuter les décisions prises à la majorité. La minorité peut ne pas exécuter les décisions et exprimer son désaccord, même par des initiatives publiques. Par contre, elle ne peut empêcher l’exécution des décisions prises par la majorité. Pour terminer, il est important d’insister sur le fait que la FMB mène des luttes revendicatives et met également en œuvre des expérimentations autogestionnaires pour arriver à une alternative sociale communaliste, fédéraliste et libertaire.

 

QUELQUES EXEMPLES DE LUTTES MENÉES

La coopérative « Arcobaleno » : quand la mairie a rendu public son intention de privatiser le service de ramassage des ordures et de licencier le personnel, la FMB s’est publiquement opposée au projet et a créé, avec le personnel devant être licencié, une coopérative de production et de service, la coopérative Arcobaleno qu’ont rejoint depuis d’autres jeunes au chômage. Aujourd’hui, les activités de la coopérative vont de la peinture au nettoyage, en passant par divers services.

Taxe communale : des assemblées publiques appelées par la FMB se réunissent pendant la discussion du budget municipal. Y sont discutées l’importance des impôts et leur utilisation. Le but est de faire des contre propositions à celles de la mairie. Certaines de ces assemblées ont considéré comme illégitimes les décisions municipales.