Editorial

 

L’inauguration de la librairie associative l’Autodidacte a eu lieu le samedi 28 octobre avec beaucoup de succès.

Nous pouvons dès maintenant vous donner d’autres rendez-vous : le vendredi 17 novembre pour une réunion publique sur le thème L’anarchisme aujourd’hui à 20 h 30.

Le samedi 25 novembre une exposition sur le Chiapas sera visible dès 15 h et un débat s’engagera aux alentours de 17 h avec un groupe de libertaires dijonnais qui se sont rendus au Chiapas cet été.

 

 

Le fédéralisme libertaire !

 

Anarchisme et organisation

Pour beaucoup, ces deux termes apparaissent comme contradictoires. L’anarchisme représente le chaos, donc l’inorganisation. Cette image véhiculée par les médias ne résiste pas à une étude sérieuse du mouvement anarchiste. Les anarchistes ont en effet toujours attaché beaucoup d’importance aux problèmes d’organisation, de moyens et de fins.

C’est sur ces problèmes que l’anarchisme s’est vite distingué des autres courants du socialisme. Critiquant le pouvoir sous toutes ses formes (rejet du capitalisme, de l’Etat et de la religion qui constituent les trois formes principales de domination : économique, politique et morale), les anarchistes ont refusé de considérer, contrairement aux autres écoles socialistes, l’Etat comme un instrument de libération dont il faut s’emparer par la révolution ou le bulletin de vote. L’Etat n’est pas pour eux un organisme neutre et seule sa destruction peut permettre l’émergence d’une autre société basée sur la libre association d’individus libres et égaux.

Pour garantir cette société et ses membres de tout retour en arrière, les anarchistes défendent un type d’organisation basé sur la liberté et l’égalité économique et sociale de ses membres : le fédéralisme libertaire.

 

Le fédéralisme libertaire

Il faut distinguer le fédéralisme libertaire des autres types de fédéralisme qui viennent à l’esprit comme celui de la République fédérale d’Allemagne, de la Confédération helvétique ou des Etat-Unis qui sont régis par un Etat, fédéral peut-être, mais tout autant policier ou hiérarchique que les autres.

Le fédéralisme libertaire, lui, est basé sur la notion de contrat entre individus libres, égaux et responsables. Il est inséparable de l’autogestion qui est la prise en main, concrète et quotidienne, par les individus et les collectivités d’individus, de la vie sociale, économique, politique et culturelle.

Il touche tous les domaines de l’activité humaine : production, distribution, santé, transports, éducation, information, culture… et exclut tout appareil répressif (armée, police, prison,  etc. – S’il est évident qu’une forme de déviance subsistera en société anarchiste, il faudra inventer d’autres façons de la traiter que la répression systématique).

Organisé à la fois verticalement (de bas en haut, de la plus petite unité à la plus grande) et horizontalement (commune, région…), il permet de coordonner les différentes activités à tous les niveaux.

Pour arriver à une société fédéraliste libertaire, une organisation est nécessaire. La Fédération anarchiste est l’une d’elles et elle fonctionne sur les mêmes principes, les moyens étant pour nous inséparables des fins.

 

La Fédération anarchiste

La FA est une fédération d’individus et de groupes autonomes qui coordonnent leurs activités lors d’un congrès annuel où sont prises à l’unanimité les décisions engageant l’ensemble de l’organisation.

Différents secrétariats sont nommés lors de ces congrès sur des mandats précis et révocables : secrétariats aux relations intérieures (chargé de faire circuler l’information à l’intérieur de l’organisation), aux relations extérieures (contacts avec les médias et les autres organisations), aux relations internationales (contacts avec les organisations anarchistes du monde entier), comité de rédaction du Monde Libertaire (chargé de la réalisation du journal de l’organisation), trésorerie, etc.

Ces différents secrétaires se réunissent chaque mois pour coordonner leurs activités lors d’un comité de relations et chaque trimestre, celui-ci est ouvert à l’ensemble des groupes pour permettre de prendre entre chaque congrès d’éventuelles décisions liées à l’actualité (mouvement social, guerre…).

La FA s’est doté d’un certains nombres d’outils fédéraux comme son journal hebdomadaire, le Monde libertaire, sa radio (Radio libertaire, qui n’émet qu’en région parisienne), ses éditions.

Les différents groupes de la FA décident par eux-mêmes de leur mode d’apparition et de leurs centres d’intérêts. Ils peuvent se fédérer localement en unions locales ou régionales.

Le fonctionnement de la FA préfigure l’organisation d’une société libertaire et montre chaque jour la viabilité du fonctionnement fédéraliste.