Une
librairie anarchiste à Besançon. C’est fait !
La
librairie associative l’Autodidacte a ouvert ses portes au 5, rue Marulaz.
Ouverte
le mercredi de 17 h à 20 h et le samedi de 15 h à 19 h, elle vous propose un
important choix d’ouvrages sur l’anarchisme. Vous pourrez aussi y rencontrer le
groupe Proudhon de la Fédération anarchiste qui y tient ses permanences.
Samedi
28 octobre aura lieu l’ouverture officielle de la librairie avec la participation
de Claude Guillon, auteur de Suicide
Mode d’emploi, de l’Économie de la misère et de Dommages de
guerre.
Depuis quelques temps, la répression étatique s’intensifie et se durcit à l’encontre des personnes révoltées par l’injustice de notre société, ces dangereux idéalistes qui osent demander au pouvoir politique des conditions de vie un peu moins pourries. En effet, il est malheureusement assez facile de citer des exemples où la seule réponse de l’Etat à des luttes sociales a consisté en une répression violente et totalement disproportionnée.
Ainsi, les manifestants de Seattle ou de Prague, qui refusaient les conséquences désastreuses de la mondialisation capitaliste, se sont fait matraquer ou arrêter.
En France, José Bové a écopé de trois mois de prison ferme pour avoir démonté un Mac Do. Un syndicaliste de la CGT et trois camarades de la Fédération anarchiste ont été inculpés en raison de leur participation active à la lutte des sans-papiers. En outre, il serait impossible d’énumérer dans ces quelques lignes toutes les fois où les forces de police ont brutalement délogé les chômeurs, les sans-abris ou les sans-papiers des bâtiments qu’ils occupaient. La dernière expulsion en date étant celle du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues) par les CRS, dans la charmante ville de Montreuil… Signalons enfin qu’un militant anarchiste et anti-colonialiste de Guyane s’est fait assassiner le 11 juillet 2000 par un ancien du Front National, avec la complicité de l’Etat français…
Bien entendu, il est logique que l’appareil répressif étatique défende la propriété privée et, d’une manière plus générale, l’ordre établi ; après tout, n’est-ce pas son unique fonction ?
Mais il semble que l’Etat ne puisse même plus tolérer l’éclosion de luttes ayant pour objectif une liberté accrue de l’individu, que ce soit à une niveau politique (libre circulation des personnes), économique (revalorisations salariales), sexuelle (reconnaissance totale des couples homosexuels)…
La seule réponse de l’Etat aux revendications de ces luttes, c’est dans le meilleur des cas un mépris total ou, si la lutte en question semble trop politisée ou trop longue, des coups de matraque, des amendes et des emprisonnements. Il est d’ailleurs important de noter à ce propos l’hypocrisie des partis politiques constituant la majorité plurielle, qui n’hésitent pas à se réfugier derrière une prétendue « indépendance de la justice » pour ne pas avoir à aider des militants inquiétés pénalement. Ces mêmes partis (les Verts, le Parti communiste) ont également le culot de défiler contre le chômage ou pour la régularisation des sans-papiers, tout en participant au gouvernement : c’est ce qu’on appelle, en politique, un beau foutage de gueules…
Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner des menaces d’ouvriers licenciés qui, cet été, voulaient polluer chimiquement une rivière ou, dans un autre site, faire exploser l’usine. Face à l’intransigeance bornée du pouvoir, une partie sans cesse grandissante de la population n’a plus que le désespoir comme refuge.
Il est indispensable d’affirmer son soutien avec les militants touchés par une répression stupide et sans pitié, ainsi que de renforcer la solidarité entre les différentes luttes afin d’éviter un isolement souvent fatal. Non seulement pour garantir une réelle liberté d’expression politique, mais aussi parce que toute personne aspirant à davantage de liberté et d’égalité dans l’espèce humaine et prête à se battre pour ce noble idéal, peut aussi être un jour victime de cette répression…