Editorial
1er Mai libertaire ! Comme toutes les années, le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste, associé à la CNT-AIT, vous invite à manifester le 1er mai à 10 h, place Pasteur. Cette journée, avant d’être transformée en fête du travail par Pétain, fut une journée internationale de lutte pour la journée de 8 h. Cette année, elle sera pour nous l’occasion de dénoncer la flexibilité et la dégradation des conditions de vie et de travail et une loi sur les 35 h, œuvre de la « gauche » plurielle, qui, paradoxe, ne fait qu’aggraver ces conditions de vie et de travail.
La manifestation sera suivie d’un buffet froid arrosé et animé musicalement.
Une seule réforme de
la prison : sa suppression !
Avant la prison *0, le pouvoir marquait le déviant sur son corps (mutilation, mise à mort). Puis, à partir du xvie siècle, l’histoire des idées a fait évoluer la justice d’une sanction physique à une sanction morale (un discours scientifique se construisant sur les deux notions de criminalité et de folie). La sanction sera désormais la privation de liberté (qui atteint tout de même le prisonnier dans son intégrité physique). La justification de cette mise à l’écart est de deux ordres : protéger la société contre les criminels et rééduquer ces asociaux, selon leurs termes.
L’échec de cette deuxième perspective est patent, même si l’on essaye de nous faire passer l’idée qu’avec des prisons plus humaines…
Qu’en est-il de la protection de la société ?
« Toute société a les crimes qu’elle mérite »
Les formes du crime évoluent en fonction du milieu social et de l’époque. De nos jours, la criminalité – nous préférons le terme de déviance – est surtout liée à des phénomènes de paupérisation, de précarisation des individus. Le vol et la détérioration de biens publics sont les formes de déviance les plus visibles mais ce ne sont pas celles qui coûtent le plus cher à la société au regard de la délinquance en col blanc (détournements de fonds…). La délinquance est aussi une adaptation individuelle aux contraintes sociales. Elle ne remet pas en cause le système, mais reproduit certaines de ses valeurs.
La déviance sert alors à justifier les politiques sécuritaires de l’Etat : vidéo-surveillance, îlotage des quartiers, brigades diverses, agents de proximité… car, puisque la délinquance est liée à la pauvreté, qui ressemble le plus à un pauvre qu’un autre pauvre, peut-être futur délinquant ? Dans ce sens, tout le monde devient suspect et qui pourrait avoir envie de se révolter, de ne plus suivre la norme.
C’est un véritable tri social qui s’effectue à travers la prison. Issus en majorité des classes populaires (la justice ne condamne pas de la même façon suivant l’appartenance sociale), les prisonniers continuent à vivre des situations de misère à l’intérieur des prisons. Leur situation ne sera pas arrangée à leur sortie et beaucoup d’entre eux n’auront pas d’autres choix que de retourner dans la délinquance.
Contre l’enfermement, des alternatives se mettent en place mais les modèles que propose le gouvernement nous font craindre le pire. Le bracelet électronique institue une surveillance permanente de chacun des faits et gestes. Le contrôle à l’aide de médicaments (pour les crimes sexuels, par exemple) est un contrôle physique et psychologique des populations.
Il n’y a aucune réflexion sur les causes de la déviance, si ce n’est sur des bases très moralisatrices de respect des lois, de civilité, de citoyenneté.
Nous sommes radicalement contre les prisons, ce qui ne veut pas dire que nous n’ayons aucun sens de la justice. Pour nous, la justice doit se faire entre individus égaux. Notre réflexion s’oriente vers la notion de réparation et non de sanction. Nous ne voulons pas faire le choix de l’exclusion mais plutôt réfléchir sur les causes profondes des déviances et trouver des réponses adaptées, en nous inspirant des expériences des lieux de vie, par exemple.
La remise en cause de la société fait partie de ces réponses.
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* Comme toute institution, la prison a une origine et une histoire. L’idée de prison a ses défenseurs, ses détracteurs et ses différentes interprétations.