Nous avons déjà eu l’occasion dans cette feuille de signaler des agressions fascistes. A l’heure où toute la gauche-caviar nous refait le coup de l’épouvantail avec le FN autrichien, il convient ici de rappeler à tous ces bien-pensants leur silence coupable quand le FN ne menaçait pas leurs sièges.
Mercredi 9 février, deux hommes se prétendant policiers se sont présentés chez Mohammed Harbi, président de l’association Amitiés et Liens France-Maghreb à Grenoble. Ils ont séquestré sa femme, la torturant et bombant d’injures racistes leur appartement.
Le fascisme est toujours présent, même s’il a perdu un peu de son poids électoral avec la scission du FN.
Difficile de passer au travers ! Le battage médiatique qui a précédé l’annonce de la deuxième partie du plan antiviolence à l’école d’Allègre avait tout d’une bonne mise en condition. Ambiance « guerre civile à 11 ans », comme titrait un grand hebdo national. Oui, il y a de la violence à l’école. Mais si elle est venue jusque-là, c’est vraiment que le malaise est profond !
L’école n’est pas un monde à part. Elle est poreuse au monde extérieur, et c’est pour cela qu’elle en est là : nous vivons dans une société violente où le mythe de l’école gratuite et de l’égalité des chances est balayé par la réalité économique et sociale qui saute aux yeux de chacun : chômage, précarité, racisme, discrimination, intolérance, hiérarchie… Cette situation est notamment hyperconcentrée dans les banlieues, et les incendies de voitures, d’abribus, les agressions de chauffeurs ne sont qu’autant d’actes de révolte de ceux qui en sont les premières victimes. Bien sûr, c’est se gourrer de cible, en privant d’aussi pauvres que soi du peu qu’ils ont, en risquant même de se les mettre à dos (voir les « milices d’autodéfense »), et surtout, c’est faire le jeu du patronat et de l’Etat en justifiant leur politique répressive qui pourrait bien, à terme, laminer toute tentative de lutte sociale.
Cette situation, on la retrouve à l’école. Et Allègre est bien disposé à en rajouter une couche.
L’ordre républicain ne supporte pas la contestation. Pour ce faire, face à la multiplication du nombre et de l’ampleur des manifestations de profs et de parents (15 000 à Nîmes, 10 000 à Montpellier, 2 000 à Besançon), Allègre répond avec les CRS et un plan « antiviolence » qui ressemble plus à un manuel du « Comment faire fermer leur gueule aux sauvageons » :
– 7000 postes vont être créés, dont 4 000 seront des emplois-jeunes. Bref, des emplois précaires, qui consistent en des contrats de 5 ans renouvelables chaque année, de droit privé : de la main-d’œuvre taillable et corvéable à merci, quoi ! Evidemment, aucun poste de prof titulaire n’est envisagé. C’est ce qui s’appelle continuer la casse des services publics.
– La « morale et la citoyenneté » devraient revenir en force à l’école. Déjà renforcées au lycée et au collège, la gauche au pouvoir prévoit de les introduire en primaire. Histoire de leur apprendre à respecter l’autorité et le drapeau, à ces sauvageons en herbe. « Plus on les prend tôt, moins y’a de risques », disait monsieur l’abbé !
– Enfin, renforcer (encore !) la répression. Une liste de 75 nouveaux lycées a été établie devant lesquels la « police de proximité » pourra patrouiller en permanence. Il est aussi prévu qu’elle puisse entrer plus facilement en cas de « problème ». A cela, il faut ajouter la transformation du conseil de discipline en « tribunal scolaire », avec tout ce qui va avec, où l’élève pourra même se défendre… histoire de lui donner l’habitude des tribunaux.
Précarité, morale, répression, soyons sûrs d’une chose : tout cela ne fera qu’accroître la tension, car la violence, la vraie, est du côté de l’Etat.
S’attaquer aux conséquences et jamais aux causes, voilà qui fera toujours le jeu de l’Etat et des patrons. Et justement, puisque ce sont eux qui sèment et entretiennent la précarité, l’exclusion, le racisme… C’est pourquoi nous affirmons que c’est l’ensemble de la société qu’il faut changer. Au-delà d’une éducation au service des dominants, nous proposons un modèle basé sur la satisfaction des besoins de tous, servant à l’émancipation collective et à la formation d’un esprit critique pour chacun. Un modèle autogéré par ses acteurs et égalitaire. Et pour ce faire, comme dit la chanson, « seule la lutte paie, seule la lutte paie ».
Lycéens, étudiants, il est temps de rejoindre les profs et les parents dans la grève !