Ce
numéro 2 de La mauvaise graine, feuille mensuelle lycéenne-étudiante du
groupe Proudhon de la Fédération anarchiste, axé sur l’éducation, insiste sur
notre critique de l’école actuelle.
Nous
traiterons, dans le numéro suivant, de nos projets éducatifs, eux-mêmes liés à
notre projet social.
Tu
peux nous contacter à l’adresse suivante :
Dans le premier exemplaire de La Mauvaise graine, nous déplorions que beaucoup de lycéens n’aient pas voulu « faire de la politique » durant les grèves de cette année et de l’année précédente, ce qui a aidé les politicards de la FIDL à manipuler leur légitime mouvement de révolte… D’autant plus qu’une remise en cause de l’éducation actuelle doit, à notre avis, s’accompagner d’une critique globale de notre société, actuellement régie par la loi du dieu pognon et de son fidèle compagnon, le saint bénéfice.
Ainsi, les diverses tentatives de privatisation de l’université, entre autres le plan U3M, et l’allègement des programmes pour les lycées obéissent à une logique identique : celle de rentabiliser le système éducatif, en supprimant les filières et les options jugées inutiles. Le mythe d’une école gratuite, républicaine ou d’une prétendue égalité des chances, qui permettrait aux enfants pauvres « intelligents » de pouvoir devenir patrons et ainsi d’exploiter d’autres personnes, se heurte à la réalité d’un système éducatif dans lequel la situation de fortune des parents est plus importante que les aptitudes supposées de l’enfant. En effet, à partir du lycée, le coût de la scolarité devient inabordable pour des familles pauvres et/ou nombreuses, ce qui fait que beaucoup de parents ne peuvent payer à leurs enfants des études trop longues. Au lieu de réduire les inégalités sociales existant dans notre société, le système éducatif ne fait que les perpétuer…
Nous, anarchistes, sommes totalement opposés à cette éducation injuste et élitiste ; nous sommes donc pour la gratuité réelle de l’éducation. Mais nous revendiquons également l’éducation permanente et intégrale, c’est-à-dire le droit pour tout individu qui le désire de s’instruire n’importe quand, et dans n’importe quelle discipline humaine, s’il pense que cela peut contribuer à son épanouissement personnel. Enfin, nous trouvons absurde la dévalorisation actuelle des métiers manuels par rapport aux métiers intellectuels, autant au niveau des salaires que du statut social, et nous ne pouvons concevoir des élèves ingurgitant docilement, passivement des savoirs que possèderaient des professeurs censés tout connaître. Nous concevons davantage l’éducation comme un échange de savoir entre individus égaux, ce qui exclut toutes les formes de soumission et de domination intellectuelle qui sévissent la plupart du temps entre les maîtres savants et leurs élèves théoriquement ignorants.
De nombreuses tentatives d’éducation libertaire ont déjà été réalisées ; ainsi, à Bonaventure, petite république éducative libertaire, située sur l’île d’Oléron, des parents, des animateurs et des enfants (âgés de 4 à 12 ans) mettent en place depuis sept ans une alternative à cette école du fric et de l’exclusion que de nombreux jeunes subissent.
Cette éducation s’inscrit dans une optique différente (épanouissement de l’individu, développement du sens critique, de l’autonomie et responsabilisation) par le biais de méthodes pédagogiques, de moyens qui, eux aussi, respecteront pleinement l’individu.