Rafle dans les milieux antimondialisation en Calabre

Une vingtaine de militants antimondialisation du sud de l'Italie ont été arrêtés sur ordre du parquet de Cosenza (Calabre) qui les poursuit pour « association subversive ».

La figure la plus connue des inculpés est le jeune leader de la contestation « no global » de Naples, Francesco Caruso, âgé d'une trentaine d'années et qui a été placé en détention provisoire à la prison de Trani. Deux autres militants, l'un de Cosenza, Francesco Cirillo, 52 ans, et l'autre de Taranto, Giuseppe Fonzino, ont été incarcérés dans la même prison, disposant d'un quartier de haute sécurité. Ils faisaient partie du « réseau méridional du sud rebelle », et la justice accuse cette organisation d'avoir sciemment projeté des incidents survenus durant des manifestations antimondialisation, notamment durant le sommet des chefs d'Etat du G8 à Gênes (nord-ouest) fin juillet 2001.

Les heurts avec les forces de l'ordre lors du G8 avaient fait un mort, des centaines de blessés et des millions d'euros de dégâts dans la ville de Gênes.

Les juges de Cosenza soupçonnent les militants d'être à l'origine d'un des groupes de « casseurs » qui avaient dévasté Gênes, surnommés « black blok » en raison de leurs habits noirs, la couleur des anarchistes, selon une source proche de l'enquête.

Les perquisitions effectuées dans la nuit de jeudi à vendredi auraient confirmé ces accusations et permis de saisir une quantité importante de matériel, notamment des barres de fer, des bâtons et des passe-montagnes, selon la même source.

Les arrestations ont eu lieu à Cosenza, Taranto, Naples, dans les provinces de Lecce et de Vibo Valentia, en Basilicate et en Sicile. Au total, 42 personnes sont mises en examen par les juges de Cosenza dans le cadre de l'enquête, dont 22 pour association subversive. Treize militants âgés de 27 ans à 52 ans, dont deux femmes, Anna Curcio, 31 ans, et Lidia Azzarita, 29 ans, ont été directement écroués. Sept autres sympathisants « no global » âgés de 23 à 61 ans, dont deux femmes, Vittoria Oliva, 61 ans et Lucia Francioso, 27 ans, ont été placés aux arrêts domiciliaires.

Francesco Caruso, né à Benevento dans la région de Naples, a 28 ans. Ses contacts avec le nord de l'Italie, et notamment Bologne où il fait ses études de sciences politiques et anime la contestation étudiante, ont contribué à faire lui un maillon clé dans l'organisation des manifestations, « marchandisation » de la planète.

A Naples puis à Gênes, la police s'était rendue coupable de brutalités. Les deux derniers défilés « no global » organisés en Italie, à Gênes en juillet pour l'anniversaire du G8 et à Florence samedi dernier en clôture du premier Forum social européen, se sont en revanche déroulés sans incident. La manifestation de Florence a été un succès politique pour le mouvement antimondialisation, qui a rassemblé entre 500.000 et un million de personnes sur le thème du refus de la guerre.