VIOLENCE ORDINAIRE ET LAISSER-FAIRE POLICIER

 

Discrimination au faciès à l’entrée des boîtes de nuit ou de certains bars, rien de nouveau… Par contre, se faire agresser par un videur alors qu’on n’est même pas rentré, c’est moins courant, quoique…

Ce samedi soir là, à l’heure où les bars ferment, cinq jeunes, du moins, pas très vieilles personnes, décident de finir la soirée dans un bar de la Grand Rue, qui, lui, ferme aux alentours de 4 h : le Styl. Or, pour rentrer, il faut montrer patte blanche, ou plutôt, il faut montrer qu’on a du fric à dépenser, être bien habillé et pas trop éméché, autrement dit « être un habitué ». Apparemment, le groupe ne répond pas à tous ces critères et, comme il insiste un peu pour rentrer, les insultes homophobes fusent. Les jeunes cherchent à avoir une explication. Pourquoi se font-ils insulter alors qu’ils sont restés très polis ? Mais les videurs, un particulièrement, ne sont pas d’humeur à discuter. Le plus imposant leur conseille d’aller « traîner leur chômage ailleurs ». Pourtant, aucun n’est au chômage… Et c’est à ce moment-là qu’il sort des bombes d’une cinquantaine de centimètres et commence à pulvériser du gel lacrymogène sur les importuns. Deux se retournent et ce sont leurs habits qui sont touchés, mais le dernier reçoit tout, à bout portant (alors que la bombe à une portée de plusieurs mètres) dans le visage. La douleur est si vive qu’il s’écroule par terre, il ne voit plus rien. Des policiers qui faisaient leur ronde en voiture prennent note des faits (et c’est tout…). Finalement, les pompiers sont appelés. Le jeune homme finit sa soirée aux urgences ainsi que deux jeunes filles qui ont voulu le soigner, l’ont touché et subissent du coup, elles aussi, les effets du gel lacrymogène. Le lendemain, quand il va porter plainte au commissariat, le videur, qui apparemment n’avait pas la conscience très tranquille, est déjà venu faire une déclaration d’incident. Il a bien sûr donné sa propre version des faits qui semble étrangement plus plaire aux policiers que celle de la victime. Le videur a prétendu que ce jeune homme avait tenté de rentrer en force et que, au lieu de le frapper, il avait préféré le bomber. Quelle délicatesse ! Il ne vient pas à l’esprit des policiers que cette version est en fait peu probable quand on considère que les videurs sont au moins au nombre de trois, que l’un deux fait au moins le double du poids de la victime et que cette victime à les deux pouces fracturés.

Encore une fois, nous pouvons constater que la police est plus à l’écoute des pauvres videurs harcelés par des jeunes qui posent trop de questions que des jeunes qui attendent des réponses, autres que les lacrymos j’entends. La justice en France, n’est pas la même pour tout le monde et le Styl, qui n’accepte pas dans ses murs, selon ses videurs, ni les chômeurs ni les homosexuels, ni les mal habillés, ni… et leur fait bien savoir à coups de bombes lacrymo, ne sera jamais inquiété. Si c’est pas du racisme ça !