UNE ARMEE DE FONCTIONNAIRES

 

« Y’en a marre de payer des fonctionnaires à rien foutre ! Y z’ont tout plein de locaux inutilisés, des apparts de fonction, y sont payés, logés, nourris, blanchis. Y z’ont des terrains qui z’utilisent même pas, pour s’amuser, s’entraîner. Et pis des fois, y viennent dans nos villages, déguisés en kaki, avec leurs armes et tout le tromblon. On les rencontre dans nos villes, dans nos quartiers où y font les vigiles. Et pis, quand y z’ont fait leur 15 ans de service, y peuvent se foutre en retraite et pis encore bosser dans une autre administration tout en gardant leur retraite (d’ailleurs, y z’ont des postes réservés !). C’est toujours des postes en moins pour nous autres. »

C’est bizarre mais on n’entend jamais ce genre de discours dans les bars du coin. Pourtant, tout est vrai. Les locaux de l’armée sont inutilisés et chauffés alors que des gens crèvent de froid dehors. Les terrains sont inutilisés alors qu’il faudrait construire des logements sociaux. Leur retraite est assurée et ils/elles peuvent bosser en plus.

En fait de guerre, les militaires sont surtout présent.e.s dans nos rues. Il faut donc croire que nous sommes en guerre, et malheureusement, c’est nous les civil.e.s qu’ils surveillent.

L’armée utilise les crédits de nos impôts pour se payer des balles, des bottes, de l’essence, des camions, des uniformes, des parades, des gueuletons, etc. Pendant, ce temps, on vire les salarié.e.s, on délocalise, on privatise, on précarise, on ne remplace pas les départs en retraite, on pille, on vend les services publics.

L’industrie de l’armement utilise nos richesses sociales à des fins meurtrières. Les armes polluent nos sites, arrachent des vies. On ne dénoncera  jamais le coût social de l’armée.

Alors petit patron, toujours avare de tes impôts, gueulant contre les « fainéants », que ne t’entend-on pas dénoncer ces aberrations ! Et vous messieurs les gros, qu’attendez-vous pour faire des économies ? Pourquoi ne pas faire entrer le capital de l’armée en bourse ?

Plus simplement encore, pourquoi ne pas abolir l’armée ? C’est en tous cas, ce pourquoi nous œuvrons.