NOTE DE LECTURE
Génération Arc-en-ciel
(Ed. Gaies et Lesbiennes.)
C’est autour de la présentation de leur
nouveau roman que nous avons invité Cécile Bailly et Grib
Borremans à la librairie L’Autodidacte.
Un livre
Quel
peut bien être le contenu d’un livre qui se présente comme « une chronique de
la nouvelle Vie Parisienne, la saga des lesbiennes, des gais, des trans, des bi, des etc. et même des hétéros … »“? Les deux auteures n’ont pas menti. Il s’agit bien d’une saga,
construite comme un feuilleton télévisé, avec de courts chapitres où s’entrecroisent
un nombre limité de personnages, avec pour point central, l’appartement que se
partage une bande de colocataires style « L’Auberge espagnole ». Chaque
personnage représentant un aspect de l’homosexualité, et plus généralement tout
ce qui est Queer. On y découvre des personnages hauts
en couleur, attachants, provocants, qui nous placent face à un questionnement
sur la sexualité en général. Ce roman est le Tome 1 d’une saga qui s’appuie sur
des éléments d’actualité (le mariage homosexuel de Bègles, la réélection de
Bush) et suit ces personnages dans leurs aventures personnelles et collectives.
Une
histoire
S’il
s’agit d’une saga, c’est bien celle d’une génération Arc-en-ciel et non pas la
génération Mitterrand ni JP2, toutes deux représentant le degré zéro du
bandant. Cette génération n’est pas non plus la génération Sida, bien que la
maladie soit toujours présente, en toile de fond, l’homophobie
aussi. Mais ce livre est un roman joyeux – gay. Tout finit bien malgré les
problèmes rencontrés. Son côté frivole n’est pas déplaisant. D’autant plus que
le personnage du vagabond céleste constitue la mémoire des luttes
homosexuelles, un lien entre les générations. Le livre en lui-même constitue un
lien comme l’expliquent les auteures qui se sont
replongées dans les archives du féminisme. Certes, les problématiques ne se
posent plus de la même façon et si Alix si dit que « la vie est plus
simple maintenant. » Homère demande simplement : « Tu crois vraiment
? »
Une rencontre
Nous avons donc pu partager un moment de convivialité, de lecture et poursuivre la discussion sur les luttes homosexuelles. Nous avons pu nous rendre compte combien nous avions de points de convergence autour du questionnement de la sexualité et surtout la critique de la famille établie, car c’est bien cette cellule familiale qui cristallise toutes les réticences. Nous avions déjà organisé une fête de quartier avec le café gay lesbien tenu par les deux auteures « Quand les Blacks rencontrent les Pinks ». Cette lecture est un nouveau pas vers cette reconnaissance mutuelle.