C’EST
Pendant plusieurs jours, les cités se sont
enflammées suite à la mort de 2 jeunes (Zyad et Bounna, 17 et 15 ans) poursuivis par la police et en
réponse aux discours du ministre de l’Intérieur et aux provocations policières.
Les causes de cette poursuite ont été présentées de façon tronquée. La police a
menti. Les médias aussi. Du coup, les jeunes (et moins jeunes) s’en prennent
aux voitures, aux bus, aux divers locaux, aux écoles, aux policiers, etc.
Depuis, les discours et les infos ne cessent
de pointer du doigt le malaise des banlieues. Les religieux sont mis en avant
afin d’essayer de ramener le calme et la police continue ses actions d’éclat et
de provocations. Sarkozy à la télévision justifie et défend le déploiement
policier à Clichy et ailleurs et prône une nouvelle fois la « tolérance zéro ».
Police et religion unies pour briser les révoltes.
Il
est intéressant de voir que la police et la religion s’entendent pour obtenir
un retour au calme – oppression physique d’un côté, oppression morale de
l’autre – sans apporter de solutions aux problèmes soulevés : la violence et
l’impunité policière, la misère sociale, le racisme.
Les
jeunes (et moins jeunes) brûlent leur quartier car ils / elles y sont parqué.e.s. Impossible de quitter ce territoire. Pas de
boulot, pas d’argent pour circuler, contrôle policier pour dissuader les
excursions, y compris touristiques.
Les
violences sont là et le discours politique aussi. Les jeunes (et moins jeunes)
ont tout à fait identifié leur ennemi en la personne de Sarkozy, symbole d’une
politique raciste et sécuritaire de plus de 20 ans, une politique au service
des patron.ne.s, une politique d’exploitation et
d’exclusion. Les jeunes (et moins jeunes) ont subi les violences policières
lors des manifestations lycéennes. Ils / elles ont vu le traitement réservé aux
mouvements sociaux : brutalité policière, non prise en compte des
revendications sociales, indifférence et mépris de la part du gouvernement. Les
jeunes (et moins jeunes) connaissent et subissent le racisme, la discrimination
à l’embauche, au logement, etc. Ces explosions de révolte en sont
l’aboutissement.
Côté
religion, c’est l’UOIF qui édite des fatwas, lois
islamiques, contre les émeutiers. Rappelons que ce sont les mêmes groupes de
l’islam politique qui appelaient à refuser et à combattre la loi de laïcité à
l’école et qui tentent toujours d’imposer le voile aux filles et femmes des
quartiers, facs et écoles. A vouloir jouer avec le feu, les politiques (pompiers
pyromanes) préparent ce que dans d’autres pays les forces progressistes
combattent : l’introduction du religieux dans les lois civiles.
Qui utilise la violence ?
Le
pouvoir policier joue un jeu dangereux. Les propos de Sarkozy sont révoltants,
haineux et font écho aux pires propos des partis racistes et fascistes. Sarkozy
roule pour ces gens-là et l’explosion des cités vient rappeler la mise en scène
médiatique de l’insécurité lors des dernières élections présidentielles. A
cette occasion, Le Pen était au 2e tour et
les jeunes (et moins jeunes) avaient tenu le pavé face aux fascistes et aux votard.e.s arrogant.e.s. Sarkozy
tente-t-il le même scénario ?
Le
discours médiatique se met en place pour justifier les effusions de sang à
venir : recours à l’armée, légitime défense de la police, etc. Ce discours
est tenu entre autres par M. Pajon (PS), connu dans
nos milieux pour avoir porté plainte contre le Monde Libertaire qui l’accusait
de subventionner les intégristes catholiques dans sa commune.
Utiliser la solidarité face au pouvoir.
Les
cités s’enflamment, mais le feu reste circonscrit. Le cordon sanitaire est bien
en place. La violence ne quitte pas le terrain des cités. Les jeunes (et moins
jeunes) ne peuvent pas aller brûler les tribunaux, les ministères, les bureaux
du Medef, alors que ce sont eux les ennemis, les instigateurs de ces politiques
d’exclusion, d’exploitation, de répression.
De
l’autre côté, les prolos, les travailleurs / travailleuses, chômeurs /
chômeuses, défilent tranquillement dans les rues, bien encadré.e.s
par les syndicats ou se fatiguent dans des conflits longs et pénibles, sans
succès, la rage au ventre et le dégoût au cœur. Ce sentiment d’impuissance mène
à souhaiter un affrontement violent, un nouveau Mai 68, pour enfin briser cette
situation de non droit pour les exploité.e.s. Mais
pour l’instant, le peuple n’a pas encore construit son unité revendicative. Les
forces populaires ne se glissent pas encore dans les failles du système pour le
faire exploser.
La
solidarité doit donc se construire avec et dans les mouvements sociaux, eux
aussi victimes des violences policières et judiciaires. Les marins du STC
subissent les attaques du GIGN, les traminots de Marseille sont sommés par la
justice bourgeoise de reprendre le travail, les faucheurs volontaires sont
condamnés, les lycéen.ne.s sont condamné.e.s
par les tribunaux bourgeois après avoir été frappé.e.s
par la police.
Aux armes citoyen.ne.s ! La révolution reste à faire !