DEMOCRATES, NON ! ANARCHISTES, OUI !
Aux urnes,
citoyens
Voilà un peu
plus de trois ans que toute la classe politique, de la droite à l’extrême-gauche, avec en prime quelques anars, nous a
appelés à défendre la république, la démocratie, à faire barrage à l’extrême-droite, et donc à voter Chirac pour l’élection
présidentielle.
Plus son score
serait haut, plus il serait illégitime et plus il devrait tenir compte de la
large gamme de son électorat, disaient certains, surtout à l’extrême-gauche et chez les anars.
C’était ne
rien comprendre à ce qu’est la démocratie.
Vote et
ferme ta gueule
Un des
principes sur lequel repose la démocratie parlementaire est qu’il faut obtenir
la majorité des votes exprimés pour être élu. Avoir 99 % ou 50,001 % c’est
pareil.
En plus, l’élu
n’est en aucun cas obligé d’appliquer son programme. Une fois élu il prétend représenter
l’intérêt collectif, mais il représente en fait des intérêts de classe : le
capital, grand ou petit, la petite bourgeoisie intellectuelle, etc. et c’est
cela qui déterminera la politique menée.
Les électeurs
n’ont qu’à attendre la prochaine échéance électorale s’ils ne sont pas contents.
Ce n’est pas la rue qui gouverne comme disait notre « regretté » Raffarin.
Et c’est cela
que nous proposent les partis, quels qu’ils soient : votez pour nous la prochaine
fois et ça ira mieux.
Depuis 2002, on
en prend plein la gueule et il faudrait attendre 2007 pour que ça aille mieux.
Le clan au
pouvoir collectionne les claques électorales : cantonales, régionales, européennes,
référendum sur la constitution européenne. Qu’importe ! Après la « réforme »
des retraites, celle de la sécu, celle de l’école, c’est maintenant au tour du
code du travail qui, avec les ordonnances de l’été 2005, en prend un sacré coup.
A qui le tour ? La loi de 1905, par exemple ! Les déclarations de Sarkozy et
celles de de Robien présagent un anniversaire en
forme d’enterrement.
Quant à la
répression, elle s’accentue. Contre le mouvement social, contre les sans-papiers,
contre les squats.
Le contrôle
des chômeurs se durcit. Un chômeur radié ne rentre plus dans les statistiques.
Contre toutes
ces attaques, même s’il y a eu des mobilisations importantes, la réaction n’est
pas à la hauteur. La grève générale, si admirable quand elle se passe loin (en
Ukraine par exemple), fait ici encore plus peur à nos confédérations syndicales
qu’au pouvoir. Alors, pour beaucoup, les perspectives manquent, si ce n’est 2007.
Et après ? 2012 ?
A bas la
démocratie ! Vive l’anarchie !
Pour sortir de
cette impasse, seules les solutions avancées depuis longtemps par les
libertaires sont efficaces. Nomination de représentants révocables avec un
mandat clair. Prise en charge de tout ce qui fait une société par les
travailleurs, les habitants, les usagers.
Bien sûr, ça paraît plus difficile que de glisser un bulletin dans une urne. Ça demande une autre implication évidemment, mais c’est tellement moins utopique que la démocratie parlementaire !