DE ROBIEN, FILLON, ETC.

OU COMMENT POURRIR L’EDUCATION

 

L’éducation ne peut être une affaire d’Etat, laissée aux technocrates. Tout simplement parce qu’elle lui est contraire : elle est apprentissage de la liberté. L’Etat est soumission, indexation de la volonté propre sur celle des dirigeants, petits bourgeois aux culs serrés qui forcément n’acceptent pas un pet de travers.

De Robien, si tu savais…

Les élections, référendums et autres suffrages ne changent et ne changeront rien. La précarité s’installe confortablement dans l’Education nationale comme partout : après les aides-éducateurs et les assistants d’éducation, viennent les « emplois de vie scolaire », nouveaux contrats bidons bricolés pour faire baisser les statistiques du chômage. L’EVS sera employé pour 6 mois, renouvelable deux fois, payé au SMIC horaire (8,03 € brut) pour une durée de travail minimale de 20 heures. Qui plus est, la formation est appelée « accompagnement personnel », de quoi s’interroger.

Depuis 2003, 10 000 Equivalents Temps Plein (ETP) ont été supprimés, ainsi que 17 000 ETP de non titulaires. C’est sûr que, vu sous cet angle, le problème des non remplacements des professeurs absents pour une courte durée s’explique. On gère donc l’éducation comme une quelconque entreprise : politique des flux tendus, budget minimum…

De Robien sort alors de son chapeau magique le remplacement obligatoire, dans le secondaire. Cette réforme sera effective à partir de janvier 2006. Les professeurs pourront ainsi travailler jusqu’à 46 heures / semaine. Le « remplaçant » enseignera bien dans sa matière, mais renforce l’idée que l’école n’est qu’une garderie, car l’élève pourrait avoir 1 heure de français et 8 heures d’Anglais dans la semaine. Ce n’est pas qu’on a l’esprit tordu,  mais on ne voit pas très bien l’intérêt pédagogique de ceci. Mais bon, le ministre joue allègrement du stéréotype qui veut que le fonctionnaire est un fainéant, bon qu’à boire du café pendant que les  « autres, eux, ils bossent ».

Quant au « plan Fillon », De Robien affirme qu’il sera bel et bien appliqué. Sur ce point nous faisons confiance au ministre qui trouve cela « normal qu’ils (les lycéens mobilisés contre ce même plan) soient punis ». En effet, les condamnations tombent contre le mouvement lycéen : amendes, expulsions et peines de prison avec sursis… La carotte et le bâton : l’éducation nationale a toujours fait preuve d’une grande pédagogie et participe à l’éveil du sens critique.

Le ministre fait sa cuisine libérale en piochant dans l’éventail de ses prédécesseurs, tous virés l’un après l’autre. Mais il va un peu plus loin en voulant subventionner autant le privé que le public. Une attaque en règle contre le principe de laïcité de 1905, séparant l’Eglise et l’Etat, mais également un pas de plus vers la privatisation de l’école. En mettant sur un pied d’égalité public et privé, il favorise ce dernier, car celui-ci ne subit pas les restrictions budgétaires.

… ben tu te sauverais

Bon, comme tous les ans, on nous promet une rentrée sociale du feu de dieu. Ouais, c’est vrai qu’on a eu de belles manifs unitaires un peu partout en France, réunissant environ 1,5 million de personnes ce 4 octobre, mais… Mais ouais, on dira encore que je broie du noir, mais je le sens gros comme une maison : une journée par ci par là , et puis chacun rentre dans son chez soi bien au chaud, la conscience tranquille de s’être bien battu tout de même. Sauf si…, sauf si nous arrivons à insuffler au mouvement social un air qui révolutionnera et l’école et la société… Un air anarchiste qui ira de bas en haut, qui laissera les travailleurs s’organiser eux-mêmes, sans intermédiaire. Ni Dieu Ni Maître… d’école !