DU (POST) REFERENDUM AUX (PRE) ELECTIONS
OU DE CHRYSANTHEMES EN CHRYSANTHEMES
La
victoire du NON au projet de traité européen a mis en lumière plusieurs faits.
Tout d’abord, les
partis du pouvoir (PS - UMP) ont de nouveau été rejetés par les citoyen.ne.s malgré la propagande médiatique. Ce rejet se
fait par les urnes (multiples défaites électorales de l’UMP)
mais aussi dans la rue, quand le PS se fait virer des manifs par exemple. Leur
alignement pour le traité européen apporte une preuve supplémentaire de leurs
intérêts communs, celui du capitalisme (rappelons-nous Jospin signant le traité
de Barcelone).
La
mobilisation pour le NON peut être qualifiée de « citoyenne ». Les débats, alimentés
par les partisan.ne.s du NON, se sont déroulés dans
les cafés, dans les facs, dans des salles municipales, dans la rue, dans tous
les endroits où le pouvoir n’a pas encore un libre
accès ou le contrôle. Ce sont ces multiples réseaux et les manifestations des
mois précédents qui ont fait la victoire du NON.
Le contenu des
débats n’était ni raciste, ni frileux, ni anti-européen. Il était populaire, courageux
et plein d’espoir (vains espoirs et espoirs déçus, comme nous le verrons par la
suite).
Les partis
politiques qui essayent de faire croire que les votant.e.s
les ont suivis se trompent ou essayent de nous tromper.
Prenons le cas
du PS. Les socialistes sont-ils/elles devenu.e.s fabusien.ne.s ? Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? La
direction du parti (classe supérieure) était pour le OUI mais les militant.e.s et sympathisant.e.s (classe
moyenne et populaire) ont voté NON. Il y a bien une rupture de classe. Cette
dissension s’est aussi fait sentir au sein de
Les partis d’extrême-droite et de droite extrême ne savaient pas quoi
dire, mis à part leurs éternels fantasmes nauséabonds. Ils ont été plus que
discrets dans une campagne qui suivait les conflits sociaux du moment. Dans ce
genre de « gymnastique révolutionnaire », les fascistes ne sont pas à l’aise
puisqu’ils/elles restent les alliés de la bourgeoisie et l’ennemie de l’unité
des exploité.e.s.
Le NON fut
donc bien un NON à l’Europe des capitaux, des patrons, des profits, des castes
au pouvoir. Une revanche face à l’arrogance et à la brutalité des gouvernements
successifs.
Sans force de proposition, les espoirs
n’aboutissent pas.
Quelle fut la
réponse du gouvernement ? Rien d’autre qu’un jeu de chaise musicale. De Robien
devient ministre de l’éducation. De Villepin, premier
ministre. Sarkozy repasse l’uniforme de l’intérieur. (Que de nobles dans ce
gouvernement ! A quand la guillotine ?)
Il est
toujours intéressant de voir que nos politiciens peuvent être ministres de tout
(ou de rien). A croire qu’ils savent vraiment tout sur tout (ou rien sur rien).
En tout cas, pas de changement de politique et les attaques contre le code du
travail ont pris le chemin des ordonnances seigneuriales.
Alors, que
font les forces qui s’opposaient au traité ? Ont-elles rangé les affiches, les
banderoles, les discours ?
Les
manifestations unitaires public-privé contre la
remise en cause du temps de travail, pour de meilleurs salaires, contre les
délocalisations, etc. se sont arrêtées à la porte du référendum.
Nous avons
défendu l’unité des travailleurs/travailleuses, de tou.te.s
les exploité.e.s au-delà des centrales syndicales. Une
unité à la base par le biais de réseaux, de liaisons, de tendances. Nous avons
apporté des arguments et des perspectives concrètes plus que des mots d’ordre.
Qu’ont gagné
les libertaires qui se sont lancé.e.s dans la
campagne référendaire ? Le sentiment d’avoir pesé sur les événements ? Un
sentiment de victoire dans une période de défaites sociales
? Quelques contacts autour de la campagne, mais avec quelles perspectives ? Quelles
formes de lutte et quelle organisation ? C’est là que se situe le nœud du
problème.
Tout le monde
s’accorde à dire que les résultats du vote sont en lien avec l’appartenance
sociale (les prolos contre les bobos) et de là, pour les médias aux ordres, stigmatiser
les classes populaires. Notre rôle est donc bien de donner corps à ces
mouvements de rejet de la politique réactionnaire du gouvernement. Il faut
avant tout éviter que les vagues de
mécontentement ne soient déviées vers des échéances électorales qui ne
nous sont d’aucun secours, voire vers des partis racistes qui ne font
qu’aggraver la division des exploité.e.s.
En 2002, Le Pen était aux 2e tour des élections présidentielles. Le
sursaut républicain s’est transformé en plébiscite de la droite réactionnaire
qui a saccagé tous les acquis sociaux. Nous ne nous ferons plus avoir par les
mirages électoraux et la gauche ne se refera pas une virginité sur notre dos. Que
nous importe de savoir qui seront les patrons en 2007
! Nous ne voulons plus de patrons !
Il nous reste donc à préparer la riposte populaire face aux politiques patronales et racistes, dans l’unité de tou.te.s les exploité.e.s, quelle que soit notre couleur.