FAIRE
Un petit texte
blasé pour mettre en lumière notre rôle ingrat dans cette société pourrie. Levez
le doigt les instits, profs, psy et autres éducs, assistant.e.s sociales, infirmier.e.s,
anim’ et autres pompier.e.s…
tou.te.s anars, humanistes. Tou.te.s
envoyé.e.s en première ligne sur le front de la
misère sociale. Et c’est à nous de colmater les brèches, de soulager les
souffrances. Et c’est nous qui nous prenons les coups et c’est nous qui nous
prenons les restrictions budgétaires, le stress, les violences, les
élargissements de nos « missions », qui gérons la misère alors que nous sommes
pour la suppression de la misère, pour le renversement de cette société, pour
l’abolition des inégalités. Alors si nous les laissions les gouvernant.e.s
avec les tares qu’ils / elles ont produites ? Si nous faisions la grève du
social ? Ne rejouons-nous pas les erreurs des anars de la révolution espagnole
qui prennent en charge les ministères de la santé, de l’éducation, et laissent
les banques aux communistes qui les pillent pour Moscou !
Je vous l’ai
dit, c’est un petit texte blasé sans prétention, si ce n’est de faire partager
mon désarroi, peut-être parce que je côtoie de trop près, cette année, la
misère intellectuelle, affective, sociale, que je dois gérer avec des moyens en
baisse et des effectifs en hausse.
Alors qu’elle
vienne la révolte des pauvres, des miséreux / ses, des besogneux / ses !
Nous serons là
pour lui fournir des armes, pour désigner les responsables et les criminel.le.s de l’Etat et du patronat, même si ces ennemi.e.s sont trop loin de leurs préoccupations, trop abstrait.e.s et que nous risquons d’en faire les frais.
« Et gare à la revanche quand tous les pauvres s’y mettront ! »