DU CAPITALISME A L'ALTERMONDIALISME
Compte rendu (parcellaire et
personnel) de la conférence du 18 mars dernier avec Michel Barrillon et des membres de l’équipe du journal Charivari.
Un public venu nombreux pour
faire une petite révision sur quelques notions de base du capitalisme et pour
se questionner sur l’émergence, les buts, et les moyens de lutte du mouvement altermondialiste.
Après une présentation rapide de Charivari : publication
alternative et pédagogique, réalisée par une petite équipe de militant-e-s pour aider ceux qui veulent comprendre ce qui
les entoure. Ce journal espère permettre à ses lecteurs et lectrices de se
réapproprier la politique, sans pour cela se revendiquer de l’analyse d’un
parti.
Dans son numéro d’automne 2004, le dossier sur le mouvement altermondialiste permettait de cerner un peu cette «
nébuleuse bien- terrestre », et de poser les questions qui s’offrent à elle : quelles
perspectives, quelles organisations, quels moyens de lutte (tobeen
or not tobeen !) ?
Michel Barrillon, dans
un exposé clair et didactique, a repris un ensemble de définitions du
capitalisme, en en rappelant les trois formes : marchand, financier, et
productif. Les deux premières formes (marchand et financier) sont apparues très
tôt en parasitant (pléonasme pour du capitalisme !) des sociétés qui n’étaient
pas encore capitalistes, mais qui utilisaient l’argent pour leur échanges.
Le capitalisme productif est apparu lui aux XVIIIe et XIXe
siècles en Europe. Il a posé les fondement d’une société capitaliste, basée sur
le salariat, le profit, et bien sûr l’inégalité économique et sociale (et cela
fait deux siècles qu’on la supporte. Qu’est-ce qu’on attend pour la déboulonner
?!).
Les relations entre les trois formes de capitalisme sont solidaires et
conflictuelles ; ils s’organisent entre eux pour faire le plus de profits et se
battent entre eux pour le partage de ces profits.
La classe capitaliste n’est pas homogène. Il y a une composante passive
: les propriétaires du capital (on pourrait les appeler aujourd’hui les
actionnaires) et la composante active : la
techno-structure (ceux qui font faire bouillir la marmite,… les dirigeants). A
la suite de la crise de 29, la techno-structure a
pris le dessus sur les actionnaires, ce qui a permis une augmentation du
pouvoir d’achat des employés durant les trente glorieuses (sans oublier que les
luttes ont poussé au cul très fort pour les obtenir ces acquis).
Les entreprises visaient un
profit à long terme alors que depuis les
années 73 ce sont les actionnaires qui prennent le pouvoir et veulent de la rentabilité
à court terme avec des taux de profits qui augmentent en flèche au détriment
des salaires (ils organisent le chômage pour aider à cela). Grâce aux moyens
informatiques, à la communication à vitesse instantanée aux quatre coins de la
planète, aux moyens de transports performants, les firmes internationales
s’allient pour faire des profits de plus en plus grands (c’est la forme
solidaire). Maintenant le « marché » est tout puissant sans aucune forme de
régulation (les états lui servent la soupe et les syndicats tiennent la
cuillère pour la remuer).
Certains capitalistes pensent que les autres capitalistes, trop grisés
par la prise de plus en plus élevée de leur drogue (le profit) foncent droit
dans le mur et risquent de tuer le système capitaliste (c’est la forme
conflictuelle !).
Les crises comme celle de l’effondrement des bourses de L’Asie du Sud-Est, de Russie, d’Argentine, ou encore du Nasdac, pour n’en citer que quelques-unes, n’ont pas entraîné de crise générale, car la banque mondiale et le FMI ont colmaté les brèches en saignant des populations entières. Mais la chute était presque amorcée pensent les premiers, et ils souhaitent trouver une forme de régularisation pour éviter la crise de cette économie et de ce système, du capitalisme ( to be or not to be ? Et c’est là qu’apparaissent des idées comme la taxe Tobin, ou encore le développement durable !).