La religion est vieille comme le monde, le machisme aussi ; mais ils ne sont pas encore morts !
Alors encore un effort pour lutter contre ces fléaux qui paraissent intimement liés et qui continuent à imposer et à banaliser une relation hiérarchisée entre les individus, dont les principales victimes sont les femmes.
Ils font référence tous deux au pouvoir, et celui (car c’est souvent une figure masculine) qui détient le sacré détient le pouvoir, mais aussi celui qui détient le pouvoir utilise le sacré (qui est la poule, qui est l’œuf ?).
En ce qui concerne les religions, le mystère de la procréation, de la mort, de l’univers, etc. sont suffisamment extraordinaires pour que l’espèce humaine ait recherché des réponses et se soit créé un panthéon protecteur ou canalisateur de ses angoisses. Les divinités païennes lui ont permis notamment d’imaginer avoir un poids sur son environnement (cérémonies, rituels, sacrifices, etc.).
Puis les grandes religions ont pris le pas, reprenant le rôle des « pères ». La défiance de l’homme vis-à-vis de la femme a alors trouvé l’occasion d’y être reconnue, affirmée, érigée en dogmes. Ce qui est alors nommé « Dieu » a donc permis de justifier les prérogatives que l’homme s’est octroyées, celles-ci devenant alors « des vérités », voire des évidences.
L’infériorisation de la femme, assimilée à une servante, est devenue la règle. Elle est décrétée impure, porteuse de la faute originelle et affublée de tous les défauts : menteuse, perverse, sournoise, manipulatrice, moins intelligente, d’une valeur marchande inférieure à celle de l’homme. Le fait qu’elle soit mauvaise lui enlève tout droit à l’égalité avec l’homme à qui elle doit être soumise, de qui elle doit accepter toutes les injustices qu’il lui inflige.
La religion a une autre fonction pour l’homme. Elle doit l’aider à se protéger de lui-même mais aussi à justifier les violences, les excès dont il est capable. En effet, il est soumis à des pulsions, notamment sexuelles. A travers le dogme, il inflige à la femme le devoir de gérer ses pulsions (à lui), en attribuant les dérives aux défauts intrinsèques de la femme. C’est à elle de se voiler pour ne pas provoquer l’homme, alors que lui se donne le droit à l’adultère. Il gère donc à sa manière son incontinence sexuelle en utilisant la religion comme une ceinture de chasteté… qu’il fait porter à la femme. En l’affublant de tous les maux, il justifie les violences qu’il lui fait subir.
Seule la fonction maternelle a été reconnue à la femme, mais elle est encore réduite souvent à un simple réceptacle pour la semence (divine ou humaine) de son maître.
La religion est bel et bien un outil d’asservissement pour la femme.
Ces éléments se retrouvent, dans tous les écrits que cela soit
Mais n’oublions pas que la religion est aussi aliénante pour les hommes.
Elle nous habitue à l’obéissance et à la soumission, tout esprit critique est stoppé devant le dogme. Si l’humanité veut passer de l’âge de l’enfance à l’âge mur, où les rapports sociaux ne seraient plus basés sur le pouvoir, la compétition, la domination, il lui faut supprimer les faux refuges et la fausse protection qu’elle croit trouver dans les religions, dans la famille, etc.
Renoncer à ce combat est renoncer à notre émancipation.
Les
sorcières sans frontières