PLONGÉE DANS UN COLLÈGE DE ZEP

Béthoncourt (25)

 

A l’heure où l’Etat au service du patronat ne se pare plus de ses oripeaux socio-démocrates, l’école subit des attaques sans précédent. De soi-disantes nécessités budgétaires conduisent à des fermetures de classe, au non remplacement des départs en retraite, à la vente du système éducatif aux intérêts privés des entreprises.

Ainsi à Béthoncourt, ce sont au moins une, voire deux classes de SEGPA qui sont appelées à disparaître, avec à terme sa fermeture définitive, entraînant des suppressions de postes sur tout le collège et, à terme, sa fermeture et l’isolement grandissant du quartier.

Se repérer dans les sigles.

Les quartiers classés ZEP (Zone d’Education Prioritaire) sont des quartiers difficiles, mais difficiles pour qui ? Surtout pour les habitant.e.s qui vivent une grande misère sociale et économique. En proie au chômage et aux barbus, la quasi-totalité des habitant.e.s de Béthoncourt, comme ceux de tout le pays de Montbéliard, sont dépendant.e.s des bons vouloirs et de la santé de l’usine Peugeot. Cela se traduit par la précarité, le temps partiel, des horaires et une vie sociale rythmés par les commandes de Peugeot, par les 3x8, par le chômage technique, par les délocalisations et le chômage tout court. Autant dire que ces conditions ne favorisent pas un plein investissement dans la chose scolaire.

Dans ce contexte, les SEGPA (Section d’Enseignement Général Adapté) se révèlent être des moyens pour les enfants en difficultés de s’en sortir, de stopper la spirale de l’échec scolaire, de vivre dans des petites structures avec des classes limitées à 16 élèves, encadrées par une équipe enseignante limitée, donc très présente. Ces élèves suivent un parcours collège, avec les mêmes programmes, mais de façon allégée, adaptée à leurs difficultés. Surtout, dès les 4e, ils/elles bénéficient de stages de pré-professionnalisation qui sont autant de découvertes du monde du travail afin de réfléchir à leur orientation. En effet, arrivé.e.s en 3e à 16 ans (date limite de la scolarisation), certain.e.s quittent l’école, sont renvoyé.e.s ou partent travailler. Une orientation correcte est donc primordiale. La plupart de ces élèves accèdent à un CAP, voire un BEP, puis un Bac Pro. En tous cas, ils/elles ne sortent que rarement non diplômé.e.s, que leur scolarité se poursuive en apprentissage ou en LP (Lycée Professionnel).

Alors, si les SEGPA répondent si bien à leur mission, pourquoi les fermer ? Pourquoi alors qu’elles répondent aussi parfaitement aux « projets » du ministre de favoriser les stages en entreprises pour tou.te.s les collégien.ne.s dès la 4e ?

Tout simplement parce que cela coûte cher !

Faire des économies en sacrifiant les gosses :

Les SEGPA sont de petites structures qui comptent au moins 3 professeurs des écoles spécialisés (leur formation dure une année supplémentaire), 2 PLP (Professeur de Lycée Professionnel) qui sont chargé.e.s de l’enseignement technique en ateliers, un poste de direction adjoint à l’équipe de direction du collège.

L’argumentaire de l’intégration des élèves en difficulté et /ou handicapé.e.s cache mal ces bas calculs financiers. Comment intégrer correctement avec des enseignant.e.s non formé.e.s, avec des moyens limités et en baisse, avec des effectifs en hausse ?

A Béthoncourt, l’argument final pour justifier la fermeture nous vient de l’Inspecteur d’Académie : il y a 5,6 % d’élèves en SEGPA sur le Pays de Montbéliard contre 3 % en moyenne nationale. Il faut donc arriver à 3 % ! La fermeture programmée de la SEGPA de Béthoncourt n’est donc qu’un premier pas. En attendant, que deviendront les gosses ?

Aux problèmes évoqués, il faut ajouter le quota d’heures effectuées par des professeurs du collège (anglais, arts plastiques, musique, sport). La disparition des SEGPA veut dire des suppressions de postes sur le collège, des crédits en baisse avec des effectifs en hausse et présentant de graves difficultés d’apprentissage, et la mort lente des établissements.

Le pays de Montbéliard devient peu à peu une zone sinistrée, au même titre que le Nord et la Lorraine. La mono-économie porte ses ravages au cœur même des familles. Bientôt, plus aucun service public n’existera dans ces quartiers, laissés à l’abandon et aux mains des islamistes et autres religieux (protestants, entre autres) qui, eux, poursuivent inlassablement leur travail de conditionnement des consciences.

Il est plus que temps de sauver ce qui est sauvable et de se préparer à la riposte contre le patronat et l’état avides de nos vies.