TANT QU’IL Y AURA DES ARMEES…

En ces temps de fraîches commémorations de la première guerre moderne : premières armes chimiques, premières destructions massives, premiers massacres civils, mobilisation générale, bref l’archétype du XXe siècle, on assiste paradoxalement à la diffusion d’une série de films, documentaires, articles dénonçant telle ou telle exaction de cette guerre (les fusillés, les gueules cassées, la fraternisation sur le front, les révoltes.)

En ces temps où la France se croyait apte à donner des leçons d’humanisme aux Etats-Unis, où la France est prise en flagrant délit d’occupation en Afrique, la question anti-militariste se pose toujours avec une cruelle actualité. Et sur le front de l’anti-militarisme, c’est peu dire que nous sommes un peu seuls. En effet, peu de groupes politiques en font un aspect de leur lutte « émancipatrice ». Aussi, les motions du Congrès de l’Union Pacifiste nous apportent-elles du baume au cœur, tant elles s’accordent avec nos analyses.

Quelles luttes anti-militaristes aujourd’hui ?

La fin de la conscription obligatoire a vidé les luttes d’objection de conscience, « statut suspendu en même que la conscription », de leur contenu. Nous n’assistons plus à des luttes externes (refus de faire son service, objection, insoumission) ou internes (comités de soldats).

L’armée est devenue un « métier » comme un autre. L’Union Pacifiste n’oublie cependant pas le sort réservé aux objecteurs dans d’autres pays (Israël, Russie) et leur apporte son soutien. Elle demande aussi à ce que l’objection à l’ordre de tuer puisse être inscrit dans la Constitution, permettant, en cas de mobilisation de refuser de tuer. Car si le service militaire n’existe plus, la mobilisation de tous les hommes et des femmes est toujours possible.

Les manifestant.e.s contre la guerre en Irak demandaient la Paix (Pace), mais comment faire la paix s’il y a des armées prêtes à intervenir partout, à tout moment ; comment vivre en paix tant que des industriels fabriquent des armes qu’il faut bien vendre, essayer, écouler – ce dont se chargent les états ? Aussi, nous partageons la motion finale de l’UPF qui « incite chaque conscience insoumise à reconvertir les industries militaires en productions socialement utiles et à agir pour le désarmement unilatéral, selon la proposition de loi n°93-271, déposée au Sénat. »

L’armée, école du crime.

Malgré les campagnes de pub « se la jouant cool », l’armée reste l’école du crime généralisé comme le montrent les tortures en Irak, ou en Algérie du temps de la décolonisation, mais aussi tous les témoignages de viols et violences diverses.

Aujourd’hui, pour justifier les guerres, l’alibi de la lutte anti-terroriste est mis en avant, justifiant tout : déploiement militaire, policier, plan Vigipirate, mois sécuritaires. Pourtant, « la guerre contre le terrorisme cumule l’incompétence de l’armée, la stupidité des attentats terroristes, l’étonnante irresponsabilité des médias ; elle constitue une aubaine pour les gouvernants, permettant de mobiliser les peurs nationalistes, de s’assurer le soutien d’opinions publiques déboussolées, de propager le racisme. » (Motion UPF)

En tant qu’école du crime, « l’armée s’insinue de manière de plus en plus forte au sein de l’Education nationale. Cela s’inscrit dans la suite des protocoles armée/école (de 1981-1989 et 1995). » (Motion UPF)

C’est pour cela qu’avec l’Union Pacifiste nous « condamnons viscéralement « l’esprit de défense » […] dénonçons le visage éducatif que veut donner l’armée à la JAPD […] dénonçons la prospection pour le recrutement d’une armée professionnelle, organisée par le ministère de la Défense, visant les jeunes issus des milieux sociaux les plus défavorisés […] refusons l’enrôlement de ces jeunes par des procédés racoleurs et immondes […] demandons l’abrogation immédiate de la Journée d’Appel et de Préparation à la Défense (JAPD). » (Motion UPF)

Décroissance = anti-militarisme.

L’armée, l’armement, la recherche militaire nous coûtent des millions pour des armes qui seront utilisées contre nous. Désormais, l’armée s’entraîne à réprimer les combats de rue, urbains, donc un « ennemi » intérieur. Qui ?

L’armée et l’industrie militaire appauvrissent les pays, ruinent et polluent la terre, s’approprient des hectares de terre pour leurs essais, leurs jeux de guerre…

Un pays sans armée est un pays qui respire et qui peut choisir d’autres priorités (santé, éducation, culture, environnement).

Nous devons donc encore lutter :

- contre l’industrie de l’armement, contre les armées et les guerres

- pour le droit au refus de tuer et pour l’insoumission

- pour l’accueil de tous les déserteurs et de tou.te.s les réfugié.e.s.