NÉOCOLONIALISME ET PETITES MAGOUILLES
Récemment, deux événements semblant assez éloignés l’un de l’autre, ont fait la une de l’actualité. Ce fut d’abord, en Polynésie, le renversement de majorité à l’assemblée territoriale qui voyait revenir à sa tête l’indéboulonnable Gaston Flosse, le petit roitelet de l’archipel, grand magouilleur et grand ami de Chirac. On apprenait alors que la démocratie d’outre-mer était d’abord une affaire de clientélisme à grande échelle, de malversations avec l’argent public et d’ingérence élyséenne. En somme, rien qui étonne.
Plus
sanglant, c’est aujourd’hui
Toutefois, depuis quelques jours, la belle partition médiatique jouée par les dirigeants français subit quelques fausses notes. Ce sont tout d’abord des images montrant des hélicoptères français canardant sans retenue des manifestants désarmés, dans le but de reprendre le contrôle d’un pont d’Abidjan. Ce sont également ces autres images de soldats
français tirant sur la foule des manifestants devant l’hôtel Ivoire.
Autant
de documents mettant à mal l’image des forces « de paix » envoyée par
Rien
à voir entre
De
l’autre, l’envoi de troupes, dans une ex-colonie où
Au milieu de tout ça, des polynésiens condamnés à subir un clientélisme politique aussi vieux que les colonies, et les malversations d’une petite clique soutenue par Paris. De l’autre des Ivoiriens tiraillés entre Gbagbo, l’apprenti dictateur, et une France décidée à maintenir son « pré carré » et ses intérêts économiques.
Tout bien considéré, en Polynésie comme en Côte d’Ivoire, on est loin des idéaux « démocratiques » portés au pinacle par les dirigeants français. Seul compte, le maintien du statu quo et les bonnes affaires, Ivoiriens et polynésiens ne devant se contenter que de quelques hochets électoraux envoyés gracieusement par l’éternelle métropole.
(1) Notons
qu’entre 1960 (date de l’indépendance) et 1990, le pays a été dirigé par Félix
Houphouët-Boigny, fidèle à la coopération française, et donc constamment réélu
pendant 30 ans !
(2) Les
médias écrivent que depuis le départ massif des ressortissants français, 60 %
de l’économie ivoirienne est paralysée. Chiffre impressionnant si l’on pense
que