VOYAGE EN PAYS CONTRADICTOIRE
La Turquie. Un pays en attente d’Europe et placé comme enjeu d’un débat qui ne le concerne pas encore. Un pays laïc dans un environnement en guerre. Un pays à la charnière enjeu de luttes d’influence Est/Ouest, Europe/Asie.
La Turquie est un pays étendu. Berceau du christianisme, refuge des premiers chrétiens, zone de passage entre les empires d’orient et d’occident, siège de villes grecques, romaines, préislamiques. Lieu de vie de populations turques, kurdes, arabes, géorgiennes, arméniennes.
J’ai voulu aller voir ce qu’il en était, non pas pour vérifier une quelconque compatibilité à entrer dans l’Europe, car l’Europe est une construction, un choix politique, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire en tentant de définir l’Europe par la chrétienté ou des frontières naturelles, réinventant ainsi les vieux démons des empires et des royaumes.
Malgré son caractère laïc, la Turquie reste influencée par l’Islam et nombreux sont les barbus, les femmes voilées, les lieux saints qui, visités par des touristes « religieux », ajoutent à ce côté sacré. Lors de l’appel du muezzin, les radios se coupent, les télés baissent le volume, ce qui n’empêche pas les commerçants de s’installer à longueur d’année devant toutes les mosquées pour faire leur commerce.
La grande
absente : la femme
Ce qui frappe plus que tout, c’est l’absence des femmes. Dans la rue, dans le tram et le métro d’Istanbul, dans les cafés. Cela crée une ambiance lourde et pesante, une hégémonie masculine. Dans les ateliers, les hommes cousent, repassent, lavent, bossent. Parfois, ce sont des enfants mais toujours des garçons. Un univers exclusivement masculin. Regards lourds, insistants sur les quelques touristes qui passeraient. Attitude pas toujours très respectueuse. Machisme.
Est-ce à dire que les femmes ne travaillent pas ?
Il m’a fallu du temps pour trouver les femmes et cela à la faveur d’un hôtel à l’écart du centre ville, disposant d’une terrasse. Là, dans la cour de leur maison, dans la rue, les femmes vaquaient à leurs occupations : courses le matin, cuisine, ménage, enfants, quelques activités fermières… Le centre ville, lieu pour les touristes, était bien entendu réservé aux hommes qui pouvaient ainsi tenter de séduire les touristes.
Le
terrorisme
La Turquie connaît aussi sa poussée terroriste et les derniers de cet été viennent le prouver. Le gouvernement passe des accords avec les pays voisins afin de lutter contre le PKK (parti communiste kurde) taxé de terrorisme. Et les attentats leur sont attribués.
Il ne viendrait pas à l’idée du premier ministre, issu de l’islamisme politique et faisant voter des lois pour lui permettre d’assumer ses fonctions en dépit de sa condamnation pour propagande islamiste (incompatible avec la constitution turque), d’aller voir dans son propre camp.
Y’a encore du boulot.