UNE LOI SUR LA LAICITE, UNE
LOI SUR L'ECOLE
OU UNE LOI SUR LE VOILE ?
Le tapage médiatique que la question du voile a suscité nous amène à nous poser toutes sortes de questions au sujet de cette nouvelle loi sur la laïcité, notamment en cette rentrée scolaire où les associations musulmanes avaient donné des consignes d’agitation et de grève en cas de refus d’intégrer une élève voilée.
L’actualité internationale n’a pas permis de mettre leur menace à l’œuvre mais leur implication dans les gesticulations médiatiques pour la libération des deux otages français les a placées dans une nouvelle posture. Nous y reviendrons plus tard.
Tout d’abord, comment se fait-il qu’un gouvernement aussi clérical, aussi réac s’empresse de « défendre » la laïcité ? Faut-il y voir un coup stratégique en vue des prochaines élections, agiter un chiffon rouge (ou un voile blanc), durcir les positions, créer une psychose et grignoter sur les voies de l’extrême droite et des républicains ?
Ensuite pourquoi une loi ?
Puisqu’il s’agit de parler loi et stratégies électorales, vous me permettrez d’envisager tous les points de vue.
Et
pourquoi pas une loi ?
Il est vrai qu’il existe une loi de 1905, déjà mise mal, mais est-ce que nous ne faisons pas cela sans cesse : réaffirmer des principes, les réactualiser. C’est le cas de la Déclaration universelle des droits de l’homme : 1789, 1793, 1848, 1948, etc.
La question religieuse ne se posait pas dans les mêmes termes en 1905. L’islam n’était pas la deuxième religion du pays. On bataillait plutôt pour faire enlever les crucifix des écoles (et y’a encore du boulot dans le Haut Doubs).
Aujourd’hui, c’est le voile qui se pointe dans les écoles et les administrations avec son corollaire, le refus de la mixité.
Alors une nouvelle loi, pourquoi pas ?
Simplement, comme toutes les lois, son application sera à vérifier et à rendre effective. Dans tous les combats sociaux, lorsqu’une loi est votée, la pression de la rue cesse et les droits sont rognés (ex. l’avortement). Cette fois, la loi ne répond pas à une mobilisation de la rue, elle la crée et ce sont les intégristes qui tiennent le pavé.
Le voile
à l’école
Nous n’avons pas à entrer dans la problématique piégée et biaisée de la liberté individuelle (liberté de choisir son oppression religieuse). Ce que nous défendons, c’est une société libérée de la gangrène religieuse.
La loi interdit les signes religieux à l’école. Bien ! Nous, nous voulons que la religion occupe le moins d’espace possible : ni à l’école, ni dans les administrations, ni dans la rue.
Certains pays (comme la Turquie) avaient interdit le port du voile dans l’espace public. Certaines personnes, comme Chahdortt Djavann dans « Bas les voiles ! », appellent à l’interdiction du port du voile pour les mineures à l’école ou dans la rue. Il n’est pas non plus difficile d’imaginer la pression sociale que subissent les filles dans les quartiers où les femmes voilées sont de plus en plus nombreuses et visibles, dans les CROUS, à la sortie des écoles où la moquerie et l’intimidation se répandent.
La question du voile à l’école n’est qu’un aspect de cette lutte contre le prosélytisme religieux.
En clair, ta religion, tu la vis dans ta tête et tu ne nous emmerdes pas avec.
Le voile
est un signe religieux et politique
Celles et ceux qui défendent le voile comme un libre choix vestimentaire, une coutume, se trompent ou se foutent de notre gueule. Toutes les femmes interrogées dans les pays musulmans le disent (notamment celles qui se battent contre l’imposition du voile en Turquie, Algérie, Maroc, …), et même dernièrement le mufti de Marseille qui s’élevait contre l’islamisme politique qui agit dans les quartiers. Cet islamisme politique, nous le connaissons en Iran, en Algérie avec le GIA et le FIS, en Afghanistan, etc. et nous devons le combattre par tous les moyens nécessaires.
Est-ce à dire que nous devons refuser tout signe politique dans les écoles au nom d’une soi-disant neutralité ? Non ! Remarquons cependant que les signes nazis, racistes sont interdits et punissables par la loi, ce qui est très bien.
Il y a des opinions politiques humanistes, généreuses et d’autres, réactionnaires, concentrationnaires, mortifères. Toute idéologie n’est pas équivalente.
Mais là non plus, la loi seule ne fait pas disparaître les comportements, les actes racistes. C’est dans la confrontation de rue que nous les faisons reculer. C’est dans les luttes sociales que nous essayons de leur couper les racines.
Un contexte social et économique à ne
pas oublier :
Il n’est peut-être pas étonnant de voir ces pratiques religieuses radicales se renforcer, surtout chez les jeunes désemparés, vivant l’exclusion et la misère sociale. La religion a toujours été un moyen de contrôle des populations, de leurs peurs et de leur révolte. Et qu’on ne nous fasse pas le coup du 11 septembre, de Ben Laden et du choc des civilisations.
Ne voyons-nous pas le ministre de l’intérieur (et des cultes) créer un conseil musulman ? Ne voit-on pas la population rassurée par la présence des flics et des barbus ?
Pour les jeunes garçons, c’est simple : la prison ou la religion.
Ne voit-on pas des ministres se rendre à la béatification de Térésa ? D’autres ministres assister à des messes ? D’autres encore se signer religieusement ?
Paradoxalement, les femmes ne se laissent pas faire, s’émancipent, crient haut et fort leur refus des situations de violence et d’enfermement. C’est par exemple le cas du mouvement Ni pute, Ni soumise, de la Marche des Femmes, mais aussi plus prosaïquement, l’émancipation économique, intellectuelle, sociale qu’elles atteignent et/ou revendiquent.
La réponse intégriste est radicale : le voile, le viol (les tournantes).
Peut-être finalement est-on en train de vivre les soubresauts, la crise d’adolescence de l’Islam, obligé à réfléchir à comment détourner la loi (donc la reconnaître) en proposant d’utiliser des bandanas, serre-têtes et autres objets stupides.
Pour ce
qui est des autres religions, nous ne les oublions pas.
En cette année 2004/2005, durant laquelle nous allons fêter le centenaire de la loi de 1905 (séparation de l’église et de l’état), nous en profiterons pour réaffirmer notre athéisme et notre combat contre toutes les religions.
Nous lutterons contre les attaques intégristes visant à remettre en cause le droit à l’avortement, contre les commandos anti-IVG, contre la politique mortifère de l’Eglise par rapport au sida, pour l’émancipation des femmes et pour l’égalité économique et sociale.
Ils nous obligent à débattre de la place de la religion. Ils nous réveillent de notre torpeur.
Le xxie siècle sera anti-religieux ou ne sera pas !