UNE ECOLE DIFFERENTE A CHAGEY
(70)
A la rentrée, va s’ouvrir
une école primaire mixte privée et alternative, l’EPI (Ecole Pédagogie
Institutionnelle), à Chagey (70).
Les locaux sont mis à
disposition par l’église du village en échange de la prise en charge des
travaux. Ce sont des locaux lumineux et refaits à neuf avec 2 grandes pièces,
qui serviront pour la classe, une petite cuisine, des toilettes, un débarras,
une cour fermée et un petit coin de terrain.
Un projet d’internat est en
cours, à Coisevaux, mais l’école fonctionnera quel
que soit le nombre d’enfants présents à la rentrée (1, 2, 3 ou 12).
L’école s’autofinancera en
fixant un prix de scolarisation à la journée (15 euros), qui correspond au prix
moyen d’une structure d’accueil en Haute-Saône. Cette somme sera payée par
l’Aide Sociale à l’Enfance ou les parents, mais, pour ces derniers, des
arrangements sont possibles.
Rencontre prochaine à la
librairie L’Autodidacte - 5 rue Marulaz - 25000
Besançon.
CINQ QUESTION A NICOLE MAILLARD
DN : Peux-tu te présenter rapidement et expliquer les raisons qui t’ont poussée à ouvrir cette école alternative ?
Nicole : J’ai 50 ans et je suis retraitée courte de l’Education nationale. J’ai travaillé 5 ans à l’E.N., à Paris, avec des enfants en grande difficulté, où j’ai toujours pratiqué les techniques Freinet et Pédagogie Institutionnelle. Ces enfants étaient classés comme « irrécupérables » et pourtant ça marche. Les techniques Freinet Pédagogie Institutionnelle (TFPI) sont capables de restructurer les enfants, de leur donner le goût de vivre et d’apprendre, de leur donner les moyens d’apprendre.
J’ai profité de mes 2 années de formation à l’E.N. pour rencontrer la Pédagogie Institutionnelle, me former, suivre des stages.
J’ai donc pu pratiquer dès le début la pédagogie Freinet.
Ce qui m’a poussé à ouvrir cette école, c’est l’horreur de l’E.N. qui est une véritable machine à emmener les jeunes dans le mur. Il me fallait sortir de cette grosse machine avec ses lourdeurs administratives. Tout le monde nie ces problèmes, y compris les syndicats, par esprit de corporatisme.
Du coup, je suis libre de mon temps et j’avais envie de faire quelque chose.
DN : Quelles différences fais-tu avec la pédagogie classique ?
Nicole : Tout d’abord, il y a des instances de parole : le « Quoi de neuf » et le conseil, qui est aussi un lieu de partage du pouvoir. Ce partage se fait par la vie coopérative. Nous avons aussi une multiplicité de techniques et d’outils à disposition (ex. l’imprimerie).
DN : Est-ce un choix de t’inscrire en milieu rural ?
Nicole : Personnellement, j’ai fait le choix d’une qualité de vie. Je ne veux plus vivre en ville. En plus, la proximité de la nature nous permet de découvrir le milieu, de faire des marches. Les enfants qui viendront sont déjà des enfants qui vont mal et qui viennent de l’agglomération Belfort-Montbéliard, ce n’est pas la peine de les maintenir dans un milieu qu’ils connaissent déjà et qui crée le mal-être. L’école se situe dans un lieu qui est central par rapport à Belfort, Montbéliard, Héricourt. Elle permettra aux enfants de découvrir un autre milieu riche en géologie, archéologie.
DN : Comment fonctionneront l’école et l’association ?
Nicole : J’ai acquis une expérience internationale à travers des camps de jeunesse. L’équipe sera donc internationale (Vietnam, Allemagne, France). Je serai l’enseignante spécialisée et la directrice, garante auprès de l’administration et je serai entourée de 2 jeunes allemands payés à mi-temps, qui se formeront aussi aux TFPI et apprendront le français. Cette équipe nous permettra d’enseigner l’allemand en 2e langue.
L’école fonctionnera du lundi au vendredi (mercredi inclus) de 9 h à 16 h pour des enfants de 6 à 12 ans. Mais nous sommes souples sur les horaires (possibilité de faire garderie) et sur les tranches d’âges.
L’association légale peut accueillir des membres sympathisants et peut recevoir des dons déductibles des impôts. Elle est déclarée d’intérêt général.
DN : Pour quel public est destinée cette école ?
Nicole : Pour des enfants en grande difficulté d’apprentissage ou ayant des difficultés d’ordre psychologique ou comportemental, mais, là encore, nous pouvons accueillir d’autres enfants. Simplement, cela correspond à une réalité : l’exclusion et la descolarisation des enfants difficiles. Il faut arrêter ce gâchis.
Contact :
EPI – 8, rue du Faÿs
70400 Coisevaux.
Tél : 03 84 46 05 87.