LES VRAIES VALEURS FOUTENT LE CAMP !

 

Après le manque de solidarité dont nous aurions fait preuve lors des grèves contre le plan de régression des retraites, après la culpabilisation des familles et des soignants qui sont partis en vacances au lieu de s’occuper de leurs vieux qui mouraient seuls de la canicule, honte à nous, nous n’aurions plus le sens de la « valeur travail » et la France serait en train de décliner !

  Depuis quelque temps, en entendant, ou en lisant, les propos du baron repris en chœur par le gouvernement et les hommes politiques, de droite bien sûr, mais également de gauche, nous sortons les griffes. Trop c’est trop !

Plans de licenciements, dégraissages massifs, délocalisations à la sauvette, droit du travail bafoué, sabotage des acquis sociaux, … Vous la placez où, la valeur du travail ?… et celle de l’humain, vous connaissez ?

 La valeur du travail salarié c’est sa rémunération, alors qu’en est-il des salaires ? A quand une réelle égalité économique, quand on sait que 39 des principaux PDG français touchent en moyenne 554 fois le SMIC (chiffre de proxinvest 2001) ? Quand on sait que 40 % des richesses produites sont accaparées par le patronat et les actionnaires (contre 30 % dans les années 70) ?

 Le travail salarié c’est l’exploitation, et le chômage, la misère.

Le chômage est un choix politique organisé par les capitalistes pour assujettir et discipliner le salariat. C’est un excellent moyen de pression pour garder les salaires au plus bas et pour éviter des revendications sur les conditions de travail. Mais on peut faire encore plus de bénéfices, se disent le baron et ses consorts ! en cassant encore plus les sans-emploi… On paye encore trop cher les droits qu’ils ont pour survivre (droits que les salariés se payent eux-mêmes !)

Et on trouve des moyens :

– Détournement des fonds de l’assurance chômage : exonération ou baisse des cotisations patronales (sans contrôle sur le résultat quant à la création d’emplois !)

– Stages de formation bidon ou qui ne mènent à rien, toujours payés par le chômeur lui-même et qui rapportent  aux organismes de formation.

– Attaque en règle de tout ce qui est  acquis sociaux (qui n’est en fait que de la répartition, trop peu équitable, des richesses produites) qui grève encore trop la part des bénéfices que peuvent faire les capitalistes. Et Chiracffarin s’exécutent avec une baisse des impôts, une baisse des charges patronales et une coupe sombre dans les budgets des affaires sociales (et une couche de galère en plus pour les plus démunis). Et la cerise sur le gâteau; le RMA qui devrait fournir (01/2004) aux entreprises une main-d’œuvre à des prix défiant toute concurrence, et docile de surcroît, par obligation ; plus besoin de délocaliser…

– flicage continu des chômeurs, des fois qu’ils puissent profiter de ce temps libre pour découvrir que le boulot et la consommation ce n’est pas tout dans la vie… et que cela vienne à se savoir ! (et revoilà notre bonne vielle « valeur travail ».)

Des travailleurs sociaux comme des associations qui gèrent le social sont de plus en plus le cul entre deux chaises. Ils sont sous la pression des pouvoirs publics qui suppriment ou diminuent leurs moyens, et les moyens qu’ils ont à distribuer aux personnes qu’ils doivent accompagner. Et ils commencent à se demander qui ils servent !

Après les discours des experts es économia, voici les discours philobaronochiracorafinomania sur le goût de l’effort, la nécessité du travail comme fondement de l’homme et de la société.

Sans s’engager sur le plan philosophique, là n’est pas le propos, nous pouvons quand même avoir quelques neurones qui se réveillent, et l’histoire nous aide à mettre des dates et des faits derrière ces mots , le patronat paternaliste du XIXe siècle l’employait déjà et bien d’autres après lui. A chaque fois que le capitalisme veut mieux profiter des inégalités sociales et économiques de plus en plus grandes, il sort l’argument de choc et essaye ainsi de diviser ceux qui travaillent et ceux qui « font semblant ou ne font rien ». Alors attention ne nous trompons pas d’ennemi. Les classes sociales sont toujours bien  vivantes (demandez au baron !). Les richesses produites se concentrent de plus en plus, selon un rapport du PNUD * de 1998 : 4 % des 225 plus grosses fortunes mondiales suffirait à éradiquer le faim, à donner une éducation et un accès aux soins à l’ensemble de la population mondiale ; on en est de plus en plus loin !

Vous avez dit lutte des classes, ah bon, comme c’est bizarre !

Et si on remettait cette  valeur au goût du jour !

 

* PNUD : Programme des nations unies pour le développement (organisation hautement révolutionnaire !)